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Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]

 
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Aera Vali
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MessagePosté le: Lun 22 Fév - 23:01 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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Il était debout à la proue du bâtiment, scrutant avec avidité ce nouveau monde dont-il se rapprochait. L’odeur, que faisait monter les vagues agitées, était un doux parfum salé qu’humaient avec satisfaction les narines de cette étrange personne. Le calme, qu’il avait ordonné, chantait aussi agréablement à ses oreilles que de longs hurlements de supplices. Au loin, émergeait péniblement à travers la brume des flammes orangées. Telles les étoiles parsemant cette nuit de pleine lune, elles donnaient à l’horizon un repère pour guider les navires.
 
* Enfin notre nouveau terrain de jeu. *
 
* Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as voulu venir ici, Samaël. Nous avions encore des choses à finir sur l’autre continent. *
 
* Tu n’as pas à comprendre, Azraël. J’avais envie de venir et je suis venu. Toi, tu me suis, car je ne suis pas encore mort. *
 
* Ne parle pas trop vite mon ami, je pourrais peut-être t’avoir dévorer d’ici demain. *
 
* Essaye si tu … *
 
- Mon seigneur ?
 
- Quoi !?
 
- Et b ... b ... bien je … je … je suis aux …
 
- Cesse de bafouiller et viens en au faite avant que je ne décide de m’amuser un peu avec ta langue.
 
L’homme blêmit et faillit bégayer de nouveau
 
- Il est trop risqué d’accoster en pleine nuit. Nous devrions lâcher l’ancre ici jusqu’à l’aube.
 
L’homme au capuchon se rapprocha du capitaine et d’une voix amusée il lui répondit
 
- Te souviens tu du jeu auquel je me suis adonné ?
 
Les yeux du pauvre homme s’écarquillèrent lorsqu’il entendit cette phrase.
 
- Co … co … comment oublier, mon seigneur.
 
- Et bien alors si tu ne veux pas être forcer de jouer avec eux, tu ferai mieux de prévenir tes matelots que ce navire à intérêt à afflanquer le quai ce soir.
 

Le corsaire jeta un bref coup d’œil aux « chiens »
 
- Les gas ! Ont accoste ce soir !
 
Bien qu’ils aient tous un regard étonné, personne n’osa faire de commentaires.
 
* Dommage, j’aime voir nos choses s’amuser *
 
Samaël regarda les deux enfants à ses pieds. Tout les deux attaché par un collier relier à chaîne en métal, ils étaient rasé, à moitié nu et couvert de cicatrices.
 
* Il ne vaut mieux pas qu’ils soit blesser avant d’appareiller, je n’ai pas envie de les traîner comme la dernière fois. *
 
Le bateau avançait lentement, de peur de se confronter à un récif, mais il arriva sain et sauf au port.
 
- Comme promis, voilà votre argent. Il lança une bourse au capitaine et regarda ses jouets. Vous n’avez pas intérêt à essayer de vous enfuir, j’espère que la punition de la dernière fois vous a suffit, car vous ne voudriez même pas imaginé la suivante.
 
Il descendit du bateau et déambula dans le port jusqu’à ce qu’il eut trouvé une taverne, ce qui n’eut pas été difficile. Celle-ci était une grande bâtisse à deux étages, elle donnait l’impression d’un château au milieu de vulgaires maisons de paysans tant le contraste avec les alentours était flagrant. Lorsqu’il entra, l’intérieur baignait dans l’odeur de la viande et de la bière. Les gens étaient ivres et chantaient d’une voix entre coupée par des éructations. Bien que l’ambiance était à son comble, une serveuse vint l’accueillir. Lorsqu’elle vît le deux enfants, elle ne pu s’empêcher d’émettre un petit bruit d’indignation, mais elle se repris et sourit comme s’il n’avait eu que de simples chiens.
 
- Bienvenue à l’auberge du Poisson Rouge ! Vous désirez une chambre ou simplement boire un verre ?
 
- Les deux.
 
- Comment il vous plaira. Sachez toutefois que les animaux sont interdits, vous pouvez allez les placer dans l’écurie, si vous le désirez.
 
- Appelez moi le patron, je pense pouvoir les garder à mes cotés.
 
La jeune femme pointa un doigt en direction du bar
 
- Il se trouve juste là, maintenant, veillez m’excuser je retourne m’occuper des autres clients.
 
* Un gnome ?! Hahahahaha ! S’il refuse de les laisser entrer, tu pourras toujours lui marcher dessus ! *
 
* Garde tes réflexions sans intérêt pour toi-même, il y a déjà assez de bruit avec tout ces saoulards. *
 
Samaël se dirigea vers le bar et interpella le tenancier
 
- Me laisseriez vous garder mes animaux de compagnie à l’intérieur ? J’ai peur qu’ils ne s’échappent, si je le laisse à l’écurie.


- Désolé mon brave, ma les règles sont les règles. Imaginez vous si je laissais les animaux se balader partout à l’intérieur ? Plus personne ne serrait capable de dire si c’est une taverne ou bien une porcherie !
 
- Allons, je suis certain que l’on peut s’arranger. Il glissa sa main dans une de ses bourses et en sortis une petite pierre rougeâtre qu’il tendit discrètement au patron.
 
Le gnome examina le rubis et le glissa dans sa poche
 
- Des animaux ? Allons mon ami, je ne vois là que vos deux adorables enfants ! Allez donc vous asseoir à une table et prenez de quoi manger et boire !
 
- Merci
 
* Tu aurais dû le tuer … Je déteste les gnomes ! *
 
* Moi, ils m’indiffèrent et celui-là pourra sans doute nous renseigner sur diverse chose et on aura toujours un toit au dessus de nos têtes. Je hais dormir à la belle étoiles. *
 
* Si tu l’avais tué tu aurais pu avoir la taverne pour toi seul. *
 
* Voilà pourquoi je ne t’écoute jamais, tu es incapable de réfléchir lorsque tu as envie de tuer. *
 
Il alla s’asseoir à une table et, ses deux chiens allonger sur le sol, attendit que son repas soit apporté.


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MessagePosté le: Lun 22 Fév - 23:01 (2010)
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Cronose
Lycans

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MessagePosté le: Sam 13 Mar - 20:10 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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 Vérifiant son paquetage, il réalisa qu'il n'emportait avec lui que de futiles accessoires. Inutile de conserver les vieilles loques de rechanges qui lui servaient d'accoutrements. Depuis qu'il était entré en ces terres, il n'avait fait que rencontrer de nouveaux ennemis près à lui faire la peau par simple jubilation. Il n'avait pas rencontré de grosse difficulté jusqu'au soir où un bandit avait déchiqueter d'une lame grossière ce qu'il portait. Éraflé par le coup fourbe de l'adversaire, ça ne l'avait pas empêché de tacher la soie de sa chemise en lin crème. Son fluide vitale maculant un grand pan du tissu, il était bon pour le feu. Le sang était assez difficile à enlever et comme ces terres lui étaient totalement inconnues, il n'avait cure de s'occuper de son hygiène de vie. Il était ici pour des raisons toutes particulières et individuel. Ce qui ne changeait pas trop de l'ordinaire, il suivait toujours son instinct et menait une traque qui durait maintenant depuis quelques nombreuses années.
L'eau avait coulé sous les ponts depuis la dernière fois qu'il pistait son ennemi de toujours. Seulement, le temps passant, c'était presque de l'indifférence qu'il ressentait pour lui mais par simple principe, il allait lui faire cracher ses boyaux !
Ayant reçut une piste d'un contact influent et pratique, il s'était rendu en Araze où devait se trouver le démon qu'il traquait. Bientôt, il tremperait Luciole Ecarlate, son épée, dans le sang de ce bougre.
En attendant, il devait trouver le repos. En tant que prédateur, ça ne le dérangeait pas de dormir à la belle étoile mais pas une nuit s'était écoulé sans qu'un usurpateur ne vienne lui brisé son voyage dans le monde des songes.
Exaspéré par son manque de sommeil, il fut soulagé à la vue d'un piètre village bordant la côte.


Une fois à portée, quatre gardes l'examinèrent sans pour autant l'interpeller. Tant mieux, se dit-il avant de gravir la place montante pour atteindre ce qu'il crût être la mairie et qui s'avérait être en faite une auberge.
Sans demander ses restes, il se précipita dans le domaine des gens de passage.
Traversant le seuil qui fit grincer la porte comme la chaîne griffant l'enclume, il attira plus d'un regard sur lui mais n'y prêta pas la moindre attention. Raffermissant la prise sur sa capuche, seulement un œil gris et perçant dépassait des ténèbres dissimulant son visage. Il contemplait furtivement chaque occupant et s'attarda sur un sujet également étranger des lieux. Ne pouvant l'identifier à cause de sa discrétion , il prit une table opposée à celui-ci et s'imposa dans un coin de l'auberge. Il écarta le soulard qui occupait la place qu'il convoitait et d'une simple défiance du regard, il l'empêcha de vouloir récupérer son droit. Celui-ci préféra fuir et éviter les ennuies car les yeux qu'il avait pu observer durant un court instant, l'avait paralysé d'effroi.
Le nouvel arrivant appela une serveuse, plutôt mignonne, qui remplissait son plateau de chopes vides afin de les nettoyer ou plutôt afin de les remplirent à nouveau.
Quand elle eut terminé son effort, elle vint auprès de l'étranger en lui demandant ce qu'il désirait.


- «Le vin le plus subtil des lieux et ta présence pour le déguster. »


-C'est inconvenant monsieur et quand bien même ça paraît intentionné de votre part, j'ai des clients à servir moi.


Elle le foudroya presque gentiment de ses yeux intensément azur.


-Rassurez-vous, je ne compte pas abuser de votre temps. Seulement de partager quelques spéculations, ragots et autres futilités. Hélas, je m'ennuie et j'ai besoin de discuter à quelqu'un. Après un long voyage, rien de mieux pour se détendre que de partager un peu le contact humain autour d'un excellent cru.
Je vous attend patiemment et je doute que le tenancier vous empêche une pause sachant que son client consomme le bien le plus onéreux de l'établissement.
Si vous ne pouvez pas, je serai le seul à profiter du breuvage et ça serait presque égoïste de ma part !


-Je vois vous ne voulez pas rentrer dans le moule des nobles qui aiment se faire valoir.


-Je tiens quand même à préciser que je ne suis pas vraiment un noble.


-Soit vous l'êtes, soit vous l'êtes pas mais vous ne pouvez pas être « pas vraiment un noble » !


-Sachez que c'est pourtant plus ou moins le cas.


Ils rigolèrent un bref instant.


-Non mais sérieusement, ça me ferait plaisir si vous pouviez vous libérer, ne serait-ce qu'un bref instant.


-D'accord, vous m'avez convaincue à partager votre breuvage, je reviens avec celui-ci. Attendez moi une minute.


-Je patiente sagement, ma chère.


Attendant la jeune femme, il jeta un coup d'œil en direction de l'étranger accompagné de ses deux molosses.


*Quel étrange personnage... Je dois dégager plus ou moins la même impression. Tout les deux cherchant à dissimuler nos traits et de garder une table ne permettant aucune prise en tenaille... C'est homme est soit prévenant ou c'est un bretteur tout comme moi. Je ferais mieux de garder un œil sur lui. *


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Aera Vali
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MessagePosté le: Ven 19 Mar - 19:35 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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Les chants d’ivrognes commençaient à devenir de plus en plus assourdissant. La bière giclait des pintes et les aliments s’expectoraient à chaque refrain rendant l’ambiance insupportable pour Samaël. Le repas n’étant pas encore arrivé, il observait la taverne à la recherche d’une future distraction. La serveuse était plutôt jolie, mais elle était trop connue pour ce qu’il avait l’intention de faire. Ses yeux se rivèrent sur une femme aux cheveux noirs. Elle avait des lèvres pulpeuses, une poitrine adaptée à sa silhouette svelte et des yeux d’un bleu profond. Occupée à rejeter, timidement, les avances des sacs à vin qui l’entouraient, elle avait un air innocent qui faisait frémir d’excitation Samaël. Il voulut se lever pour aller « délivrer » la femme, mais un homme étrange entra dans l’établissement. Se dissimulant sous son capuchon, il observa attentivement cet homme qui dégageait une étrange aura. Portant dans son dos une énorme épée, il n’eut aucun mal à reconnaître le nouvel arrivant.
 
*Quel étrange surprise, je n’aurais jamais imaginer le rencontrer ici.*
 
*Cela ne m’étonne guère, il à toujours eu l’art de venir là où l’on s’amuse le plus.*
 
- Voilà votre repas.
 
Il regarda la serveuse qui tenait d’une main un plateau de viande  et de l’autre des tubercules.
 
- Apportez les moi à cette table, dit-il en désignant celle où son vieille ami venait de s’asseoir, je ne vais pas manger seule, apporter moi 2 portions supplémentaire.
 
- Comme vous désirez.
 
Samaël se leva et avant de rejoindre l’homme, il s’avança vers la femme qu’il avait repérée.
 
- Quand des porcs comme vous auront des manières d’hommes, ils pourront se permettre de faire des avances à une dame de cette splendeur.
 
Les ivrognes se retournèrent vers cet intrus et le regardèrent avec des yeux loucheurs.
 
- T’es qui toi ?!
 
- Comparer à une merde comme toi, considère moi comme un dieu.
 
Les hommes s’esclaffèrent et l’un d’eux répondit d’une voix puant la bière
 
- Je ne sais pas pour qui tu te prends bouseux, mais si tu ne retournes pas t’asseoir vite fait, je pense que tu vas passer la nuit dans le fumier des écuries.
 
* Personne ne le regrettera celui-là, la soif se fait de plus en plus forte Samaël. Egorge-le comme un porc et délectent toi de son sang.*
 
*Tu vois quand tu veux bien réfléchir, tu es capable d’être utile. Profite, je te laisse le plaisir de le tuer, mais essaye de ne pas me fracturer la main cette fois-ci.*
 
Lentement, Azraël enleva le masque blanc qui recouvrait ses yeux doter de sclérotiques noirs, esquissa un large sourire et de sa voix particulière, il dit à l’homme
 
- Mon pauvre porc, tu aurais dû passer cette nuit à soulever les cuisses de ta truie aux lieu de venir faire la cours à une femme qui dépasse ton statut d’animal.
 
Furieux l’homme souleva son poing et tenta de frapper Azraël. Abruti par l’alcool, il rata son coup et avant même qu’il puisse essayer une autre attaque, le poing de son adversaire vint lui percuter la thyroïde le faisant tomber au sol. Sans même laisser un temps de répits à l’ivrogne, Azraël frappa deux fois de plus sa gorge, mais cette fois avec sa dague. Le sang gicla du porc et forma une mare à coté du corps. Sans se soucier de son entourage, il posa ses lèvres sur la gorge de sa victime et but à grande lampée son sang qui avait un goût abominable. Les festivités n’avaient pas cessé, à croire que ce n’était pas le premier meurtre de cette taverne et seul le visage sinistre de l’homme paraissait choquer les clients. Lorsqu’il eut fini, il se releva et sans même prétendre essayer sa bouche, il demanda à la femme
 
- Me feriez vous l’honneur de venir à ma table ? J’ai déjà commandé de quoi vous alimenter et vous abreuvez.
 
- Et bien …
 
- Ne vous en faite pas, je suis moins rustre que ses hommes, dit-il en regardant le reste du groupe de saoulards tétanisez par ce qui venait d’arriver à leur ami. Un vieil ami à moi vient d’arriver et votre charmante compagnie me serait agréable.
 
De peur de la réaction de l’homme, elle n’osa pas refuser l’offre et se dirigea avec lui en direction d’un homme encapuchonner.
 
- Voilà que le destin nous remet sur le même chemin, mon vieil ami, dit-il en s’asseyant en face du lycan. Toi aussi tu es venu découvrir ce nouveau terrain de jeu ?


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Cronose
Lycans

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MessagePosté le: Ven 26 Mar - 19:42 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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Il extirpa de ses ongles, un morceau de peau morte tentant péniblement de s'accrocher à l'avant de son pouce droit. Étrangement, l'infime séquelle disparut pour laisser place à une chair neuve.

*On dirait bien que le repos me redonne des forces. Le repas va pouvoir restaurer ma vigueur. Mais j'aimerai tant que la lune pointe du nez à l'instant où je croiserai cet immonde porc de Mévendar. Et cette fois, je ne le raterai pas ! *

Ne supportant plus l'attente, il fouilla une poche intérieur avant d'en sortir une pipe qu'il bourra d'un tabac singulièrement rougeâtre.

*J'en ai presque plus... Encore un petit plaisir qui disparaîtra avec mon passée.*

Ce bien matériel ne ferait pas long feu et quand on parle du loup, la flamme ne tarda à venir pour consumer l'herbe à l'arôme pimenté et exotique. Quand il récupéra dans ses bronches l'abondance de fumée provenant des braises, il ne put s'empêcher de toussoter d'un coup bref et sec. Mais très vite, un sourire satisfait sillonna ses fines lèvres.
Les pupilles se dilatant quelques-peu, ses yeux devinrent un peu plus humain.
En effet, ayant les prunelles habituellement longilignes, elles arboraient à présent; une rondeur s'intensifiant à force de tirer sur sa pipe.
Puis, il arma sa gorge d'une rasade de bière qui le soulagea grandement. Il avait oublié à quel point l'herbe du diable pouvait assécher au point de saigner l'œsophage. Mais ses attraits lycanthrope permettant une convalescences accélérée, il ne souffrirait jamais entièrement de ce mal. Du moins, pas au point d'en perdre l'usage de sa langue acérée.
Sentant qu'il divaguait, il ne s'aperçut pas de l'arrivée de l'étranger et ne s'était même pas rendu compte du conflit qui avait eu lieu dans l'établissement.
Il ne s'en félicita guère mais ne se le reprochait pas pour autant. S'il avait manqué de vigilance, c'est parce qu'il était resté des jours sur ses gardes et il fallait bien relâché la pression un moment ou un autre. Une auberge semblait appropriée. Mais à présent qu'il devait rattraper sa petite erreur, il raffermit sa prise sur une dague dissimulée dans sa veste. L'arme n'étant pas très imposante, elle pouvait quand même s'enfoncer sur cinq pouces, de quoi éliminer une cible proprement. Encore qu'il fallait encore pouvoir s'en servir mais de ce côté là, il n'avait pas d'inquiétude à se faire...

- Voilà que le destin nous remet sur le même chemin, mon vieil ami, dit-il en s’asseyant en face du lycan. Toi aussi tu es venu découvrir ce nouveau terrain de jeu ?

La tension se volatilisa, tout comme la prise qu'il exerçait sur le poignard.

-J'y crois pas ! C'est toi ou je plane Samaël ? En tout cas j'étais à mille lieu d'imaginer que je pouvais voir un visage familier dans un lieu si reculé !


Il avala une nouvelle rasade de bière. Puis, il réalisa qu'il buvait dans la chope de l'ancien occupant de table. Il ne s'en soucia pas plus que ça et se rappela qu'un bon cru l'attendait. Décidément l'herbe lui retournait le cerveau !
Mais il revint très vite au plaisir de cette rencontre inattendue.


-Enfin, heureusement que tu t'es présenté... j'allais t'accueillir d'une manière peu amical, si t'imagine un peu comment je m'y prenais autrefois.

Cette remarque souleva un coin de lèvre du visage figé de Samaël.

-Tiens tu m'excuseras mais avec ma substance je ne sais même pas à qui j'ai à faire. Samaël ou... l'autre fou ?

La jeune femme qui accompagnait son vieil ami le prit pour un dérangé ou un poivrot mais seulement l'usage de sa pipe provoquait cet effet de frénésie. Heureusement, cela pouvait s'estomper avec du raisin subtilement fermenté, consommation qu'il attendait avidement.
L'homme encapuchonné ne put s'empêcher de nier pour l'instant la présence de la jeune femme. Il n'avait plus vu Samaël depuis déjà quatre longues années.

-Il faudra que tu me racontes ce que t'as fait depuis notre dernier voyage. Tu te rappel ? Quand on pillait la crypte ancienne où tu as récupéré ce fameux collier du marionnettiste. Je parierai mes testicules sur le fait que tu t'en est servit à des fins pas très belles à voir !

Il ne put s'empêcher de glousser, imiter par son vieux collègue qui devait remémorer l'usage de cet antique artéfact malsain.
Puis il considéra que la pauvre femme devait se sentir inutile au milieu de ses retrouvailles. Il les interrompit un bref instant pour les inviter à sa table. Suivit de la serveuse qui était déjà conviée à le rejoindre. Revenue avec breuvages, mets et cru de premier choix, le lycan sut que cette soirée serait comme son herbe du diable: épicée et attrayante...


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Aera Vali
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MessagePosté le: Mer 14 Avr - 17:05 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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- Est-ce de la folie que suivre sa nature ? Et je suis Azraël. Je n’aurais jamais dû m’attendre à ce qu’un cabot retienne mon nom, dit-il un léger sourire aux lèvres.
 
-Il faudra que tu me racontes ce que t'as fait depuis notre dernier voyage. Tu te rappel ? Quand on pillait la crypte ancienne où tu as récupéré ce fameux collier du marionnettiste. Je parierai mes testicules sur le fait que tu t'en es servit à des fins pas très belles à voir !
 
Cronose l’invita à s’assoire et Azraël ne se fit pas prier. Il s’affala sur sa chaise et siffla pour que les deux garçons le rejoignent à ses pieds. La serveuse vint apporter les breuvages et la nourriture et s’installa à son tour autour de la table.
 
- Et bien coupe toi une couille, car cette amulette n’était qu’une vulgaire imitation. Lorsque j’ai voulu tester son pouvoir sur le village non loin de la crypte, je n’ai pu ramener que trois morts à la vie. Nous nous en serions contenter un temps, mais elle partie en fumée consumée par sa magie de pacotille, Azraël cracha sur le sol et lâcha un juron, si je met la main sur le magicien je lui montrerai l’étendue de mes talents.
 
Azraël s’autorisa à servir le vin de son ami au groupe et leva son verre vers le lycan avant de boire une gorgée.
 
- Apportez m’en cinq autres bouteilles, dit-il à une serveuse qui passait à coté de lui. Soit, Samaël est entré dans une folie meurtrière, comme nous avons le secret, et nous avons dû massacrer le village à nous seul. Enfin, une grande partie du moins, car certains on réussi à fuir et nous avons gardé ses deux gamins en vie pour nous amuser. Azraël regarda les chiens, ils étaient si jeunes à l’époque, ils arrivaient à peine à marcher. Il rua de coup de pieds les enfants, pourquoi vous avez grandis bande de merde ? Il arrêta et reprit la conversation de sa voix si particulière. Après cela, Samaël m’a laissé jouer pendant des mois et des mois, il avait besoin de réfléchir, et il sait que le seul moyen de ne pas être dérangé est de me laisse me divertir. Ensuite, il a reprit son corps et est partis vers l’ouest. Quand je lui ai demandé qu’est ce qu’il avait attendu depuis si longtemps tapis dans son esprit, il a garder le silence et continué d’avancer. Après quelques semaines, il a trouvé un indice pour trouver le véritable collier et s’est mis en tête que les dieux étaient à présent avec lui et qu’ils le guidaient jusqu'à son but. Enfin, le principal est qu’il n’est pas devenu un saint, Azraël ricana avant de reprendre, il est devenu un fanatique qui justifie tout ses crimes par la volonté des dieux. Je pense même qu’il est devenu encore plus impitoyable pour certaines choses. Bref, l’indice nous indiquait que l’amulette était sur ce continent et nous avons embarqué sur un navire, où plutôt pris en otage le navire, et avons accosté ce matin même.
 
Les bouteilles de vin étaient déjà arrivées et les trois autres personnes avaient fini leurs deuxièmes verres quand Azraël eu fini de narrer son passé.
 
- Et toi, qu’as tu fais depuis la crypte ?


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Cronose
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MessagePosté le: Mar 20 Avr - 11:20 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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Cronose fut surpris d'apprendre que l'amulette n'était qu'une pâle imitation. L'ayant récupérée dans une ancienne crypte, dans le tombeau d'un ancien parias, l'artefact aurait dû être authentique. Mais qui avait bien pu dérober l'objet pour le subtiliser ? Une personne convoitant l'objet et désirant sans nul doute tromper ses adversaires pour gagner du temps.
Ce qui semblait singulièrement douteux, c'était de mener des trésoriers en erreurs. Comme si l'usurpateur voulait accomplir une prophétie par le biais de cet objet redoutable et puissant, sans que personne ne le dérange. Avait-il l'intention de nuire au monde entier ? C'était fort possible, sachant qu'en Araze se trouvait un portail directement relié au enfer. Peut-être s'agissait-il même de Mévendar en personne, toujours en train de tirer les ficelles...
Mais le lycanthrope conserva cette réflexion pour lui.
Il songea également que l'esprit fanatique de Samaël devait être influencé par une entité, beaucoup de choses étranges se déroulaient, comme si une fin du monde allait débouler.
Une voix le tira de ses réflexions.

- Et toi, qu’as tu fais depuis la crypte ?

Cette question lui extirpa un long soupir... comme toujours, beaucoup d'évènements s'étaient produits avec le temps passant et malheureusement, ce ne fut pas les plus agréables à vivre.

-Après notre petite fouille dans les catacombes, je suis remonté vers le nord. Je suis resté dans une bourgade quelques temps avant de tomber sur un client qui à entendu parler de mes compétences et qui voulait que je défende sa ville récemment attaquée par une abominable créature. Ce qui est étrange, c'est que pendant sept jours, la pleine lune illuminait le ciel. Je me suis retrouvé confronté à un lycanthrope qui en a récolter une nouvelle force. Sous sa forme hybride, il faisait quatre fois ma taille ! Je n'avais jamais vu ce phénomène. Mais j'ai succomber à l'étrange réaction lunaire et ça m'a renforcé en suffisance pour vaincre l'ennemi.

Il prit une lampée de vin avant de poursuivre.

Depuis lors, j'ai développé une espèce de réaction instinctif qui se manifeste lors des nuits de pleines lunes... je suis encore plus féroce et violent qu'à l'ordinaire et j'ai massacré quelqu'un qui comptait à mes yeux. Je n'ai pas compris cette nouvelle fureur coulant dans mes veines et qui s'avère indomptable. Dans cette rage, je ne distingue plus que de la chair autour de moi et qu'importe le sang versé, du moment qu'il en coule. Je deviens un animal issu de la haine...
Enfin, mise à part ce problème, j'ai été confronté à plus grave mais je préfère taire cette mésaventure. Je te la raconterai en privée.

Clôturant son histoire, il tira une bouffarde, recrachant un halo de fumées grises. Puis, le gosier un peu sec, il dégusta le délicieux breuvage. Ensuite, il lut la terreur sur le visage des deux demoiselles.

-Ne vous inquiétez pas, tout ça c'est du passé... Et puis, ça nous arrive aussi de réagir avec le cœur...

Un peu soulagée, leurs lèvres s'étirèrent en un sourire d'angoisse. Mais bientôt, elles seraient trop bourrées pour distinguer le mal du bien et il pourrait s'amuser, Azraël songeant probablement de même...


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Aera Vali
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MessagePosté le: Lun 3 Mai - 19:49 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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- Ne vous inquiétez pas, tout ça c'est du passé... Et puis, ça nous arrive aussi de réagir avec le cœur...
 
Samaël sourit au deux jeunes femmes avant de poursuive la phrase de son ami
 
- Surtout en compagnie de sublime créature tel que vous. Croyez moi lorsque je dis que j’y mets tout mon cœur pour conquérir celui d’une noble dame.
 
Son regard glissa vers Cronose qui comprit le sanglant sous-entendu caché derrière cette remarque.
 
- Le vin n’est-il pas assez goûtu  pour vos douces papilles ? Je vois que vos verres s’amenuisent trop peu souvent. Laissez moi donc vous resservir et buvons une grande lampée en l’honneur de cette agréable soirée qui se prépare. D’un geste souple, Azraël pris les deux récipients et d’un autre, invisible pour des yeux ordinaire, il fit tombé plusieurs gouttes d’un liquide translucide.
 
L’ivresse se faisait sentir et ses pulsions devenaient de plus en plus incontrôlables. La drogue n’agirait pas avant au moins une bonne heure, ce qui lui laissait le temps de calmer ses ardeurs pour que le jeu ne finisse pas aussi rapidement que lors sa dernière conquête. Azraël se leva et parla d’une voix vibrant d’une excitation retenue
 
- L’heure du jeu sonné.
 
Il se dirigea vers le comptoir où le tenancier se trouvait et jeta sans précaution une bourse au gnome.
 
- Pour le sang qui tachera une fois de plus votre sol.
 
Azraël pris maintenant la direction opposée afin de s’approcher du barde qui était le centre d’attention des clients ivre mort. Pris dans son récit, il ne remarqua pas l’elfe approcher et continua de narrer l’épopée. Azraël fit un soupir exaspéré et trancha sans retenue la jugulaire du conteur.
 
- La moindre des politesses est de se taire lorsque j’arrive, dit-il avec un sourire psychotique.
 
Il prit un verre sur la table et le vida sur le sol pour y faire couler le sang du barde, avant de reprendre
 
- Catins et porcs, votre maître à besoin de distraction. Surpris par ces propos, des ivrognes beuglèrent des injures et des protestations. Silence misérable vers de terre ! On ne me coupe pas lorsque je mets en place un jeu ! Des hommes voulurent se lever pour tuer ce présomptueux qui s’autoproclamait leur maître, mais après ce qu’il avait fait à l’autre homme, leurs compagnons les retinrent. Je récompenserai le vainqueur par cette bourse remplie de rubis. Azraël vida le contenu sur une table pour prouver que la récompense était bien réelle. La foule n’osa plus dire un seul mot et contempla avec avidité les perles vermeilles. Cette distraction est d’une simplicité enfantine étant donné votre intellect sous développé. Ceux qui veulent la récompense déposent leurs armes et s’avancent. Perplexe, personne ne savait quoi faire. Apres un long silence, Hurla Azraël à ses deux chiens, Aux pieds !  Et ils rappliquèrent aussi vite que possible. Voilà les deux premiers candidats, bien que vous soyez des hommes sans couilles à l’intelligence aussi vive qu’une merde, vous pouvez tout de même avoir assez de cran pour un jeu d’enfant ?
 
- Je participe ! Une fois que j’aurai gagné, tu rampera à mes pieds et léchera mes bottes.
 
- Et bien alors tu serras le premier à perdre. Crois moi.
 
Une dizaine d’autre ivrogne s’avancèrent pour participer.
 
- Que le jeu commence !
 
Une énorme tache obscure enveloppa les participants qui poussèrent des cris angoissés.
 
- Comme promis, la règle est simple. Pour sortir de ce sortilège, il ne doit rester qu’un seul d’entre vous ou mes deux chiens de vivant. Bien entendu vous pouvez utiliser les chaises, les tables, enfin tout ce que vous voudrez étant donné que vos armes sont à l’extérieur. Dernière chose, la récompense est doublée si vous tué ce porc qui a osé dire qu’il me mettra à ses pieds. Que le sang inonde cette taverne et que son odeur enivre votre âme !
 
Les deux chiens, habitué à ce jeu tant apprécié par leur maître, se ruèrent vers ces hommes diminués par l’alcool à mains nues.


Dernière édition par Aera Vali le Mar 4 Mai - 20:14 (2010); édité 1 fois
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Cronose
Lycans

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MessagePosté le: Mar 4 Mai - 18:33 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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La lucidité se volatilisant au fil des verres, il sentait le poids de l’ivresse l’envahir. De plus, les demoiselles étaient suffisamment bourrer pour en faire ce qu’il voulait. Il aurait pu faire passé un poisson pour un homme tant les deux femmes ne comprenaient plus grand-chose. Mais Samaël avait éveillé en lui un autre appétit, celui du sang.Quand Samaël s’approcha du comptoir, Cronose fut pris de curiosité. Il se doutait qu’il mijotait quelques-choses mais quoi ? La réponse ne tarda à venir, tâchant l’auberge de fluides vitales alors que des cris de souffrances remplaçaient le récit du barde. Cronose devait reconnaître qu’au moins, ce petit spectacle était distractif comparé au précédent.  Mais une nouvelle surprise l’attendait. La serveuse complètement bourrée s’était blottie dans ses bras. Apeurée, elle affirmait que l’alcool lui jouait des tours. Mais le massacre de Samaël était bien réel.  Tant pis, il profiterait de l’occasion.  Laissant sa main caresser une hanche de la jeune femme, il finit par lui saisir une fesse avant de la palper. Courbé comme il se devait, son postérieur éveilla les flux du jeune homme.  La serveuse esquissa un sourire pervers, elle devait sentir sur sa croupe la virilité de l’homme, à présent dur comme fer.  Mais complètement à la ramasse, elle ne réalisa pas leur manque d’intimité et ramena à la surface le membre de l’homme.  Le manipulant d’une main tout en le dévorant des yeux, Cronose hallucinait. D’un autre côté, Samaël faisait tellement coulé d’hémoglobine que même une orgie serait passée inaperçue !Cronose distingua un homme s’approchant sournoisement de Samaël qui était trop occupé à jubiler devant ses deux chiens. Quand le fourbe allait frapper d’une dague, son vieil ami l’avertit.

-Samaël fais gaffe, derrière-toi !

Celui-ci se retourna juste à temps pour parer le coup et replier le bras de son adversaire pour finalement lui enfoncer sa propre lame dans la gorge. Soudainement, lui-même déconcentré par l’affront de Samaël, Cronose sentait une chaleur humide parcourir le sommet de sa chair intime. Baissant les yeux, il découvrit la serveuse, dégustant le plat de consistance. Le plaisir montant, il profita de l’instant hors qu’un massacre se déroulait juste devant ses yeux. La seconde demoiselle ne décrochait plus des yeux le fou dangereux qui l’avait accueillit à la table. Soit elle était terrifiée, soit elle était excitée.  A moins que les deux émotions la submergeait: la peur de cet être complètement fêlé l’excitait, elle jubilait presque.

Enfin, la serveuse complètement dépassée par les évènements ôta ses dessous et grimpa sur son étalon. Rentrant d’un coup dans le confort le plus douillet de la demoiselle, il expulsa un gémissement de plaisir. Il ne s’attendait pas à tant d’ardeur. Enfin, elle se faisait aller que ce fut d’avant en arrière ou de haut en bas. L’affront continuait alors que personne semblait remarquer le couple en plein ébat. Puis, la blonde se frotta sensuellement au corps du guerrier qui prit enfin les devant. Sans attendre, il jeta la femme sur la table, écarta ses cuisses et la pénétra sauvagement.  Couchant à présent comme une bête sauvage, la jeune femme poussait des râles de jouissance. Le surréalisme de cette partie de jambes en l’air excitait plus encore les deux partenaires.  Enfin, après de gros coups de buttoir, l’homme se vida. En partie à l’intérieur, le reste maculant le corps à moitié dénudé de la femme.
Celle-ci, satisfaite reprit sa respiration jusqu'à la fin du carnage ayant ravagé l’auberge. Elle revêtait sa culotte tandis que Cronose inspectait les lieux. Du sang avait repeint les murs, plusieurs cadavres jonchaient le sol tandis  que quelques victimes se tassaient dans une masse de tripes. Il s’approcha de Samaël.

-J’aime bien cette révision du décor. Fit-il, sarcastique.

Sans attendre, il s’approcha du comptoir ou l’aubergiste prit de panique tenta un acte de désespoir. Il voulut porter un coup à la tête de Cronose à l’aide d’une bouteille de vin. Mais le bretteur, sans difficulté apparente, empoigna le bras de l’homme avant de récupérer la bouteille en observant la qualité du cru.


-Allons, vous ne comptiez tout de même pas gaspiller un Firenz des vignes de Vanderna ?!

Rien que pour avoir osé outrager un vin de pareille facture, le lycanthrope tira l’aubergiste par les cheveux et lui frappa la tête contre le comptoir à plusieurs reprises. S’acharnant, il finit par arrêter en découvrant que le visage de l’homme ressemblait plus à présent à de la bouillie. Il débouchonna la bouteille en récupérant d’autres boissons aux comptoirs.


-Tournée générale ! Ah… mais il n’y a plus grand monde...

En effet, il ne restait plus que ce qui fut leur tablée. Tout les autres occupants baignaient dans une marre de sang.


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Aera Vali
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MessagePosté le: Lun 23 Aoû - 14:55 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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Le spectacle qu’offrait ce jeu était des plus sanglants. Les hommes se meurtrissaient à coup de chaises, d’assiettes, des couverts, toutes armes étaient bonnes à prendre dans ce combat où la seule règle était de survivre par n’importe quels moyens. Azraël jubilait devant ses êtres qui jouaient leurs vies pour un prix qu’il jugeait bien maigre. Un de ses chiens venait d’arracher un coup de dents la langue d’un des participants, le laissant se vider de son sang, il partait déjà à l’assaut d’un autre homme. Le deuxième enfant lui, plus clément avec ses victimes, égorgeait avec un couteau à pain une femme qui avait pensé s’attaquer à une proie facile. De petits groupes s’étaient former, donnant ainsi naissance des alliances futiles et provisoires à ses bouseux dont la mort tendait les bras depuis le commencement. Le jeu ne dura pas plus d’une vingtaine de minute et le résultat stupéfia Azraël. Une femme, enfin plutôt une jeune femme sortant à peine de l’adolescence, venait d’abattre les deux enfants de l’organisateur. Le cercle obscur qui recouvrait le sol disparu avec le dernier souffle de vie des chiens et l’homme approcha

- Quel fin stupéfiante mon enfant, ou ma dame ? Je ne sais jamais définir l’âge d’un vampire, c’est bien ce que vous êtes n’est-ce pas ?

- Vous avez l’œil mon brave, moi qui pensait passer pour une simple femme désireuse de s’enrichir au prix de sa propre vie.

La femme portait autre fois une robe d’un blanc immaculé, le haut serrant son buste sans exagération s’opposait au bas qui pouvait flotter avec légèreté si une brise décidait de passer. A présent, celle-ci était imbibée d’hémoglobine et donnait à son accoutrement une parfaite harmonie avec ses cheveux d’un roux rougeoyant. Ses iris, elles, étaient d’une couleur mi-ivoire, mi-bleuté.

- J’ai côtoyé une vampire, autrefois. Elle avait cette même beauté surnaturelle. Puis-je savoir votre nom ?

- Eliäh et le votre ?

- Azraël.

- Vous me semblez bien plus polis lorsque vous êtes en fasse d’une personne qui pourrait vous faire envier son âge.

- Mon enfant, je doute que vous puissiez me faire jalouser votre âge quand on sait que j’existais bien avant la création de toute vie, car l’ombre aussi était là au commence.

Les yeux de la femme s’élargir de stupeur.

- Vous êtes une ombre ? Je croyais que vous ne pouviez pas sortir de votre royaume.

-Tournée générale ! Ah… mais il n’y a plus grand monde...

- Peu importe, voulez vous venir boire un verre avec nous ? Apparemment, c’est mon ami qui offre.

- Volontiers.

Azraël retourna à ça table suivit de la vampire et s’installa. Cronose revenait justement au même moment une bouteille à la main.

- Cronose, je te présente Eliäh. Eliäh, je te présente Cronose. Ces deux femmes là, si mon ami le permet, ce sont tes bouteilles.


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Cronose
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MessagePosté le: Jeu 16 Sep - 13:58 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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Après avoir salué la jeune femme au visage blafard, il dut lui reconnaître le charme d’un vampire. Plus contraignant en revanche, elle arborait quelques traits familiers, lui rappelant une tendre compagne, Nihila. Elle aussi portait une crinière rougeoyante mais la différence démarquant ces deux femmes étant principalement  leur âge respectif. Nihila était une femme séduisante, envoutante, son corps affriolant avait l’art de provoquer l’ardeur de ses ennemis.  Tandis que ce vampire aurait pu passer pour sa petite sœur. Sortant de croissance, elle avait un corps de jeune femme avec un visage plus enfantin.  Néanmoins, elle conservait certains charmes qui indifféra le lycan, trop soucieux de s’achever le crâne à l’eau-de-vie.
 
Azraël attendait la confirmation de Cronose, pour saigner à blanc les demoiselles précédemment invitées à leur table. Ayant déjà vidé son saoul, le lycan ne voyait l’intérêt qu’il pourrait tirer de ses femmes. Alors il releva son pouce en guise d’acquiescement et fit le tour du comptoir pour servir les deux autres survivants. Il mit une coupe au devant de la vampire.

-Pour votre breuvage milady, il vous faudra attendre que mon ami s’en charge, d’ailleurs il est en chemin !

En effet, Azraël approchait la table des deux jeunes femmes, poignard en main. Le pire, étant qu’elles ne distinguaient nullement la menace tant la sobriété avait quitté leurs esprits nébuleux.

-Sinon pour ma part… je vais goûter ce fût qui m’a l’air exquis !  Fit-il  en débouchant un vin qui devait très certainement être préservé de côté. Sans prendre la peine de se servir un verre, il but au goulot, savourant le nectar fermenté et entretenu depuis quelques années. Un breuvage délicat au creux de la bouche mais pourtant une note amère y demeurait, parasitant sa saveur unique… La présence d’Azraël et de celle d’un vampire, ramenait en surface des souvenirs lourds à porter. Nihila lui manquait terriblement. Et rien d’autre ne lui traversa l’esprit en cet instant. Appréhendant son envie, il réalisa que ses dernières années ne furent que la garantie d’un abominable échec. Presque errant sans but, il devait se ressaisir et terminé ce qu’il était venu faire en terre Arazienne : Trouver l’objet de sa vengeance et le torturer lentement avant de l’achever dans une pénible agonie.  

Ensuite, il aviserait comme toujours. Mais dans le cas présent, il avait l’impression que le monde n’aurait plus rien à lui offrir et qu’il serait vain de chercher une raison d’être. Alors… pour le moment, il se contenta de boire en discutant avec ses deux compères. Ceci lui réchauffa le cœur tout en lui rappelant qu’Azraël appartenait lui aussi à son passé. Lui ramenant une lueur d’espoir, comme pour lui dire : Mon gars, si je suis là c’est que ton passé ne doit pas être très loin !
D’un autre côté tout avait changé depuis la guerre lycanthrope. Il aurait dû connaitre la félicité au lieu de quoi, il avait tout perdu ! Un jour peut-être, dans ceux à venir, il expliquerait cette expérience à Azraël ou alors attendrait-il le retour de Samaël pour lui raconter sa détresse.
Mais qu’importe, car depuis ce jour, une rage grondait en lui et plus aucune limite n’existait. La présence d’un parias le ramenait à une époque sombre où des idées noires le hantaient…    


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Jadis
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MessagePosté le: Ven 17 Sep - 23:56 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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    Du flou. Rien que du flou.
     Des visages, des ombres.
    Des silhouettes.
    Des bruits.
    Non, des sons.
    Non, des voix.
    Du noir.
    Encore.
    Rien.


     
    -          -Tu es bien sûre qu’elle est vivante ? Elle m’a l’air très pâle et je ne sens pas son pouls.


    -          - Mais oui, elle a ouvert les yeux ! … OH ! Mon Dieu, il faut lui enlever ça !


    -          -Va faire bouillir de l’eau, prends des serviettes et faire rougir ça.
     
    La femme écarquilla les yeux d’une mine choquée en voyant la fine lame qu’il lui avait confié. Oui, son marie savait ce qu’il faisait, mais tout de même… Elle n’était pas un de ces animaux qu’il avait pu soigner ! Il s’agissait d’un être humain ! Malgré son air interdit, elle referma la bouche et s’exécuta. Il fallait sauver cette jeune femme.


    -          -Tu ne crois pas qu’il faudrait l’endormir ?


    -          -Je crains que nous n’ayons pas le choix : l’endormir la tuerait, elle est trop faible. Enlève-lui ça.


    Armures et vêtements furent ôtés par la dame qui recouvrit le corps d’un draps propre. On fit un trou au niveau de l’abdomen pour pouvoir extraire une lame courbe flanquée jusque dans sa cage thoracique de bas en haut. Une horrible plaie qui aurait du être mortelle. Mais puisque cette femme était miraculeusement en vie, il s’agissait de la ramener sauve.
    Georges était un homme presque vieux maintenant, il avait passé toute sa vie à fuir les êtres humains. Il était très introverti, mais adorait la compagnie des animaux. C’est pourquoi il s’était improvisé vétérinaire du village. Et d’ailleurs il était très doué. Ce quinquagénaire était allé promener son chien près des gorges. Le cabot s’était soudain mis à aboyé et l’avait emmené au pied de la falaise.  C’est la qu’il L’avait trouvée. Il avait cru qu’il était tombé sur un cadavre, mais les plaies et les ecchymoses qui la recouvraient avaient été des preuves de son agonie lente : certaines meurtrissures étaient en cours de cicatrisation. Pourtant, Georges avait hésité à la laisser pour morte. Cette étrangère n’était selon lui pas une victime, malgré sa beauté elle avait quelque chose en elle qui disait qu’il valait mieux pour tout le monde que ses os se décharnent ici. Mais comment garder ça sur la conscience ? Et Georges n’était pas un homme méchant, s’il n’était pas vraiment sociable, c’était à cause de sa timidité, et non de son égoïsme. Il n’avait pas eu de mal à porter la jeune femme, en réalité le plus lourd était son équipement spartiate. De la ferraille et des lames de partout. D’ailleurs ses bras portaient un certain nombre d’estafilades dues à cela.
     
    Après une heure et quart, la lame fut dégagée et non sans mal. Du sang souillait les trois quarts du drap. D’abord, le vétérinaire avait été horrifié à la vue de ce liquide noir, puis il s’y était fait. On croisait par le pays toutes sortes de gens bizarre, de sorciers. Elle aussi, elle était de ceux-là. Ses cheveux rouges et son sang noir en faisaient fois si sa miraculeuse survie ne vous avait pas déjà convaincue. Il recousit la blessure avec un fil épais. L’esthétique n’y serait pas mais le principal était d’être hors de danger. Maïlya, l’épouse, se chargeait de changer les pansements, de nettoyer la jeune femme et de lui faire avaler toutes sortes jus de plantes, ainsi que du lait pour qu’elle récupère plus vite et sorte de son état comateux.
     
    -          -Comment te sens-tu mon petit ? Mmh ? Pas très bien j’imagine. Quel est ton nom ?
     
    Jadis, j’étais quelqu’un, je le sais. J’ai fait des choses graves il me semble, mais je ne me souviens pas quoi ni pourquoi. Jadis, je me souvenais de tout, je savais. Il me semble que j’avais quelque chose de précieux et que maintenant je l’ai perdu. Mais peut-être est-ce simplement que la mémoire est précieuse pour celui qui l’a perdu. Jadis, j’étais quelqu’un, j’avais un nom, j’avais un visage.


    -          -…J’av… J’av… Jadis… J’a.. aAArgh. Oh !


    -          -Oh tu sais, Jadis, ce n’est rien. Un petit crachouilli de sang, tu n’es plus à ça près hein. J’ai du jeter le drap tellement il était rouge.


    -          -Je ne… m’appelle…


    -          -Oui, oui, oui, je sais Jadis, maintenant reposes-toi. Tu vas pas nous rouvrir cette vilaine plaie, hein ?
     
    Voilà comment un quiproquo vous renomme. La jeune femme fut vite sur pied, ce qui ajouta un peu plus d’étrange à son cas. Mais que voulez-vous, elle n’était pas vraiment d’entre eux. Elle n’était pas vraiment humaine. Elle guérissait plus vite, d’ailleurs la vélocité de ses gestes s’amplifiait avec sa guérison, tout comme sa force. Mais ce qui la rendait encore plus à part, c’était qu’elle avait une toute autre faim. Ou plutôt une toute autre soif. Les jours passants elle trouva une obsession dans ses regards appuyés, l’odeur du sang lui ouvrait cet appétit retenu, ne demandant qu’à être assouvi. Ses iris auparavant jade se transformaient peu à peu en rubis luisants, et étaient tout à l’attention des points artériels les plus irrigués.
    Sans qu’elle le sache, voilà trois longues semaines que pas une goutte de sang ne l’avait abreuvée. Et sa nature d’hémophile prendrait les devants si elle n’avait pas son compte du précieux liquide très vite. Mais comment pouvait-elle se souvenir de ces trente années d’expériences qui avaient précédées son arrivée chez Georges et Maïlya si elle ne parvenait même pas à se souvenir qui elle était ? Comme on peut facilement le deviner, c’est la soif qui s’empara d’elle. Ce manque vital l’avait complètement aliéné si bien qu’elle n’était plus maîtresse d’elle-même quand elle assécha les corps de ses sauveurs. Mais elle ne s’arrêta pas là. Elle avait besoin de plus, encore plus, toujours plus. Elle massacra une dizaine d’autre villageois pour étancher sa soif.
    Elle se réveilla deux jours plus tard, calée entre le tronc d’un arbre et une de ses épaisses branches. Après un tel dîné, sa régénération avait exigé une « petite » sieste. Elle se réveilla un peu perdue mais après quelques instants, elle fut submergée par les souvenirs du massacre, ses actes sans pitiés, et enfin par le dégoût de sa propre personne. Ce sentiment lui parut familier et à présent elle savait : oui elle avait été quelqu’un,  oui, elle avait été un monstre, elle avait commis des actes horribles, même si elle ne s’en souvenait pas. Oui elle avait eu quelque chose de précieux, c’était cette perte de mémoire qui lui avait permis d’imaginer tous ces gens bien qu’elle avait pu être avant. Et maintenant qu’elle savait que son ‘jadis’ était de sang et de morts, elle avait perdu cette petit étincelle qui vous pousse à devenir ce dont vous révé, car sa condition était telle qu’elle n’avait d’autre choix que de l’accepter. De s’accepter en tant qu’être destructeur, être de la régression, du retour à la bestialité et non en tant qu’être constructeur de l’avenir, le futur, l’éloignement de l’animal.
    Jadis s’empressa de fuir. Il était certain que des villageois avait du transmettre son signalement à des patrouilles, sa tête était sans doute mise à prix. Mais cela mettrait, espérons-le un certain temps à atteindre les autres villages où elle comptait justement aller se réfugier.
    Après avoir longé la côte jusqu’au soir, elle dut jouer en finesse pour échapper aux veilleurs de nuit, elle se faufila subrepticement à l’intérieur juste avant que la herse du couvre feu n’empêche toute intrusion de bandits. Voilà des cas où sa rapidité était un avantage non négligeable. Il ne serait pas très dur de trouver la taverne à oreille de vampire : c’était un genre d’endroit assez bruyant. Quand elle vit l’auberge du poisson rouge, elle s’interrogea. Y avait-il vraiment une taverne là-dedans ? Un silence étrange la faisait douter. Soudain une puissante odeur remonta en elle. Du sang frais. Un tas de sang frais. L’odeur spécifique émanait du lieu à dix mètres. L’appétit ou la curiosité lui firent pousser la porte…
    Du sang. Partout. Une marre. Des corps sans vie. Et au milieu de tout cela, cinq êtres encore vivant. Deux hommes et trois femmes à priori. Mais elle n’en fut nullement écœurée. Ses yeux rouges se tournèrent vers un homme qui lui apparaissait comme familier. Ou alors était-ce juste qu’elle espérait revoir des personnes qui lui raconteraient son passé… Quelque chose de glaciale l’arracha à la contemplation de l’homme : une… créature qui dégageait une hostilité plus que manifeste. La femme n’était pas ‘normale’… Quant au troisième personnage, il semblait occupé à réduire le nombre de client.
     
    « Eh bien… On dirait que j’arrive après le dîner-spectacle… Je suis déçue… »
     
    Jadis c’était surprise à parler ainsi, avec une pointe d’humour noir, et pourtant il lui semblait que ces mots étaient les siens sans pour autant qu’elle sache qui était cette personne qui un jour avait eu pour habitude de s’exprimer ainsi. Elle avait l’impression que le hasard l’avait amené à un endroit où se trouvaient précisément les personnes qu’elle cherchait, bien qu’elles lui apparaissent toutes étrangères, en particulier cette jeune femme rousse dont la grâce s’approchait dangereusement de celle de Jadis. Elle eut un réflexe étrange : elle agita ses deux avant-bras comme pour dégainer des armes qui y auraient été fixées. Mais elle n’avait jamais porté d’arme… n’est-ce pas ? D’ailleurs là, toute suite, elle se trouvait stupide à se balader sans aucun moyen matériel de se défendre, hormis bien sûr son propre corps qui à lui seul en était déjà une…
    Jadis ne lâchait pas du regard cette créature qui lui était semblable mais dont la présence la poussait à rester sur ses gardes.


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Cronose
Lycans

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MessagePosté le: Ven 24 Sep - 01:27 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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La pièce ne cessait de tourner, le comptoir grimpait sur les murs mais tout restait à la même place.  C’était un spectacle dont Cronose ne se lassait jamais… même si pour la plupart du temps, il oubliait cette sensation une fois sa sobriété rétablie.

La conversation du vampire et de son ancien compagnon de voyage ne l’intéressait guère vraiment. Ecouter la drague singulière d’Azraël n’avait rien de divertissant. Il songea même à prendre le lit. Seulement, il n’avait pas sommeil et ne cessait de gamberger.  Difficile de mettre le point sur la perte de contrôle dont il avait fait preuve, il y a environ deux ans de cela. Une bataille sanglante, entouré de ses frères d’armes, dans un affront qui déterminerait la prospérité des siens.

Seulement, les mois s’étaient succédé… De toute sa vie, que ce fut en tant que mercenaire ou de simple volontaire de guerre, jamais son corps n’avait fournit autant d’efforts.  Des jours et des jours d’affrontements, à donner des ordres, découvrir la stratégie ennemie et combattre.  Ce n’était que ce refrain pendant une période d’acharnement. La victoire définirait la fin de tout conflit. Son clan, tout comme ses autres alliés connaissaient l’importance de cette guerre. Les deux camps avaient placé toute leur hargne dans cette querelle car aucune concession n’aurait pu être mise en place. Le but étant simple, éradiquer l’ennemi jusqu’au dernier. Des lycans haineux, se disputant les territoires de la Sylve de l’Erreur depuis plusieurs siècles. Comme ça ne suffisait jamais, c’était la seule option jouable. Malheureusement pour lui… A force d’utiliser sa métamorphose pour défier l’ennemi en brandissant sa fierté d’homme-loup, il avait finit par perdre la notion d’humanité et le processus refusait de faire marche arrière... La guerre continuait son déroulement pendant que la rage du lycan prenait le dessus en l’envahissant d’un instinct plus puissant que la conscience. Sa métamorphose continuait d’évoluer alors qu’il bataillait jour et nuit.  Jusqu’au moment ou un véritable loup l’avait remplacé.

Désintéressé de ce conflit, le loup avait quitté cette zone de souffrance pour gagner un lieu paisible. Foulant plusieurs lieux boisés, il fallut qu’on en face l’esclave de plusieurs paris. Des combats l’opposant à des chiens sauvages. Les brutes ne s’intéressant qu’à l’appât du gain, ne réalisant pas l’intelligence qui se lisait dans les yeux de ce loup. Pour eux ce n’était qu’une bête robuste et puissante, tout à fait manipulable pour se remplir les poches !

Jusqu’à ce que la délivrance s’offrit à lui. Alors il quitta sa cage pour sauter à la gorge de ses geôliers. Il fit payer à ses salauds ignorants et leur déchira la jugulaire, un par un.
Enfin, une personne l’ayant connu s’était dévouée corps et âme pour lui venir en aide. Elle lui permit de se rappeler de son passé et c’est ainsi qu’il redevint celui qu’il était auparavant, Cronose… un homme, singulier certes, mais n’ayant surtout plus aucune raison d’être.

Depuis cette époque, il errait, à la recherche d’une nouvelle flamme, une inspiration pour le guider sur sa destinée qui semblait jusque-là toute tracée. La mort l’effleurait mais n’arrivait jamais à l’agripper.  Peut-être l’avait elle oublié, à moins qu’elle ne voulait pas de lui. Était-ce un châtiment pour avoir ôté tant de vies ? Était-ce pour qu’il survive la perte de ses proches et de ses repères ?  

Il n’avait vu là qu’une seule alternative, prendre un nouveau départ. C’est donc avec l’amertume à la gorge qu’il embarqua dans le navire Sang d’Encre. Seul vestige du passé qu’il emporta avec lui sur les terres d’Araze. En revanche, la découverte de ce petit continent relevait d’un parfait hasard. Une tempête l’avait fait chavirer, le déviant droit sur les plages de ce lieu coupé du reste du monde.

C’est ainsi qu’il se retrouvait installé à ce comptoir, songeant à beaucoup trop de choses tout en cuvant le reste de son vin.
La porte d’entrée grinça mais il ne prêta nulle attention à la nouvelle arrivante. Optant pour présenter son dos, il songea que cette femme devait perdre l’esprit à s’imposer dans une telle boucherie. Pourtant, elle prit la parole et c’est malheureusement cette voix qui déstabilisa tout l’univers du lycan.

« Eh bien… On dirait que j’arrive après le dîner-spectacle… Je suis déçue… »

Non, ça ne pouvait être vrai. Il avait bu beaucoup de vin et il fabulait, voilà ce qui se passait réellement.  Pourtant, même sa manière de s’exprimer lui rappelait l’humour de Nihila…  Un frisson fit vibrer tout son corps, son estomac se noua et ses mains tremblèrent. Il inspecta sa réaction sans comprendre son sens profond. Pour lui, il était évident que la vampire qu’il chérissait ne foulait guère ces lieux. Déjà que la présence de Samaël relevait d’un étrange hasard, il était impossible pour lui d’imaginer une nouvelle confrontation avec son passé. Ceci n’aurait alors plus aucun rapport avec le hasard, seul le destin pouvait donner l’appuie d’une pareille coïncidence. Bien qu’il ne fut aucunement croyant ou adepte des valeurs d’espoir, le doute lui prenait parfois, se demandant qui régissait son existence ainsi que celles des autres.
Stupidement, Cronose n’osait guère se retourner… Avait-il peur de découvrir la vérité ? Peur de réaliser qu’il imaginait des choses ou de retrouver Nihila ? Après tout ce temps qu’aurait-elle pu devenir ? D’après certains officiers, ils certifiaient l’avoir vue tomber au combat, défendant les valeurs de la famille Silbena.  

Il voulut tremper ses lèvres dans le breuvage pour se donner le courage de simplement incliné la tête, juste pour vérifier. Il ne rencontra qu’un récipient vide qui lui témoigna son abus d’alcool. Pourtant, l’émotion qui venait de le foudroyer à l’écoute de cette voix l’avait complètement dessaoulé. Il explora du regard, les quelques bouteilles à disposition. S’emparant d’un nectar fruité mais relativement fort, il prit une grande inspiration avant de se retourner.

Incroyable… son verre percuta le parquet avant de se briser en miette. La surprise lui cognait encore la poitrine, quand bien même s’y était-il préparé. Nihila… Il n’en revenait pas. Ses cheveux sanguins, ses magnifiques yeux recouvrant un parfait émeraude, ses lèvres douces et sensuelles, sa parfaite silhouette et la prestance qui émanait de son attitude ne pouvait être le fruit d’une mystification.

Les sensations que ressentaient Cronose se décuplèrent, il profitait enfin d’une émotion plus agréable que la nostalgie ou l’ennuie.  Ne sachant que faire, il n’arrivait pas à décrocher son regard, un échange qui lui rappelait des souvenirs inoubliables.
Il distingua cependant une différence, elle ne semblait pas surprise de le rencontrer, juste interloqué par l’accroche qu’il manifestait pour elle.  
Combien de temps s’était écoulé depuis leur dernier contact ? Il évalua rapidement cela dans sa tête et en déduit trois longues années. Un évènement dans sa vie devait être la cause de la distance dont elle faisait preuve. Après tout, même lui souffrait de séquelles, depuis sa fameuse perte de contrôle. Celle qui occasionnait une plus grande agressivité en lui ou encore fautive de son attitude parfois plus instinctive.
Il arrêta enfin de la dévisager et releva sa manche. Sans se faire prier, il entailla son avant-bras et fit couler son propre sang dans un verre. Lorsque le récipient fut à moitié rempli, il essuya sa plaie avant de se servir d’eau-de-vie. Ensuite, il s’approcha d’elle en lui proposant le breuvage qui lui était destiné tout en prononçant ces quelques mots.

-C’est impossible pour moi de t’accueillir sans au moins t’offrir un verre, Nihila …

Il plongea son regard au coeur des siens, ravivant le plaisir de sa présence.


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Jadis
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MessagePosté le: Lun 27 Sep - 21:42 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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{Je fais passer ton tour Adri, ça sera plus facile de répondre avec la réaction de Nihila en plus t'auras le temps de lire xD }

    Elle finit par détacher son regard de sa semblable quand l’homme qui lui avait parut brièvement familier se retourna. Elle ne savait trop si c’était ses cheveux rouges, ses canines ou peut-être simplement sa présence, mais en tout cas, il paraissait plus qu’interloqué, il était même choqué. Si bien que son verre lui échappa des mains pour se fracasser sur le sol taché. Il parvint à se reprendre, tout du moins c’est ce que l’amnésique avait cru avant qu’il s’entaille le bras laissant couler un appétissant liquide dans une chope. Cet être dégageait un parfum déjà étrange avant de se coupait, une odeur qui lui rappelait quelque chose de puissant, mais aussi autre chose. Un souvenir… Des souvenirs dont la nature échappaient à la jeune femme. Il lui tendit la chope emplie de son propre sang. Elle ne put s’empêcher d’y tremper le doigt pour porter à sa bouche quelques gouttes de ce sang qui affamait son estomac.  
      
    -          Tu me croiras jamais mais… T’as le goût d’alcool.   
      
    Elle avait dit cette autre phrase qui lui semblait venir de loin, de très très loin, et il lui semblait également que dans ce lointain elle était adressée à la même personne. Mais avoir une impression de déjà vu, tout ça n’était qu’une désynchronisation temporaires des cinq sens. Ce ne devait être qu’un mauvais tour de son cerveau.   
      
    -          C’est impossible pour moi de t’accueillir sans au moins t’offrir un verre, Nihila …  
      
    Ce dernier mot fit tomber le sourire de la vampire comme un soufflé raté. Ce nom… Des images se mirent à défiler dans la tête de Jadis à une vitesse qui dépassait la fiction.  
     



    [...]
     
       
      
    Warren parlait d’un ton mielleux, convaincu d’avoir gagné. Dans ses yeux luisaient la flamme du prédateur qui a piégé sa proie.  
      
    « Tu n’étais rien que le fruit gâté de ses écarts. Un homme tel que Kerzorn n’aurait pas dû perdre son temps à essayer de t’élever ! Heureusement qu’il est mort avant tes dix-huit ans, on courrait à notre perte avec toi à notre tête ! »  
      
    Nihila…  
      
     « C’EST TOI QUI L’A TUE ! J’AI VU SON SANG SUR TES MAINS DE TRAITRE ! »  
      
    « Et… Qui croira-t-on ? La gamine capricieuse, celle qui l’a mauvaise de voir le trône s’en aller avant qu’elle l’ait touché, ou le sage apprenti dévoué de Kerzorn ? Je te conseille de partir au plus vite. Car ne retrouvant plus le reste de la lame que j'ai mis en lieu sûr, des soupçons se tourneront vers toi... Étrange non ?»  
      
    Et il avait gagné. L’héritière légitime avait dû fuir les siens pour échapper au châtiment réservés aux meurtriers. Elle était partie mettant un point final sur son passé. Les images ralentirent…   
      
    Les barreaux d’une cage puis…  
      
    Des morts… du sang partout sur les pierres froides… Jadis avait un bouclier fixé à l’avant bras, l’arcade et la cuisse gauche en sang. Elle se tenait  dans la chambre d’un officier supérieur où un festin aurait du se tenir. Hors l’hôte avait une fourchette planté dans la trachée, ses gardes gisaient découpés, agonisants ou décapités. Elle avait mis en lambeau la belle robe qui l’élevait au rang d’invitée « spéciale » du chef de la garnison, pour se faire un garrot. Elle et un autre prisonnier avaient tenté de s’enfuir en gravissant l’épais mur qui ceignait la forteresse.   
      
    Puis plus rien… Brusque accélération.  
      
    « Qui crois-tu être pour me défier et remettre en question mon pouvoir sale putain ! »  
      
    -          Je m’appelle…  
      
    Nihila…  
      
    -          Je m’appelle…  
      
    Nihila…  
      
       
      
    « Je m’appelle Nihila, fille de Kerzorn Du Silbena Rark. Et je reviens pour le venger. »  
     

     ... 

      
    « AU MEURTRE ! »« Et qu’as-tu pour te défendre ? »« La lame du poignard est cassée… et il semble que ce soit la même lame que celle trouvée dans le corps de Kerzorn. » « Mais qui nous dit que ce n’est pas toi qui l’a cachée ici ?»« Impossible Eymirahna… Cet endroit était connu de trois personnes…  Warren, moi et … Kerzorn lui-même. Tu as de la chance d'avoir brisé la trappe par mégarde, sans quoi nous n'aurions pu te croire... » « Par le sang des ainés ! Jamais je n’aurais imaginé ça de lui… » « Nous te devons des excuses… Mais maintenant la vérité rétablie, et la justice faite, tout doit revenir à sa place.»  « Te voilà de nouveau parmi les tiens. » 


      
    Il était loin le temps où elle parcourait des contrées en quête d’aventure pour échapper à des responsabilités qu’on s’était proposé d’endosser à sa place. Elle aurait volonté laissé sa place si une douleur profonde n’avait pas fait croître en elle le désir de vengeance, ravivé par une étincelle. Une minuscule étincelle...


    Elle se tenait là au coté d’un homme qui n’était qu’une silhouette dans ses souvenirs mais sa présence lui était chère. Les quêtes les avaient amenés à côtoyer un lieu que tous deux connaissaient très bien… La Sylve de l’Erreur.  Et quel nom ironique pour ces deux êtres que tout séparait, et qui pourtant, demeuraient ensemble, unis par d’étranges liens, des liens tissés comme par erreur. Oui, quelque chose sonnait faux. Et d’une raisonnante si lointaine que ses répercutions furent tant violentes que soudaines. Elle se manifesta d’abord par un bruit. Un simple bruit qui poussa les deux êtres nocturnes à en rechercher l’origine. Quelle ne fut pas la surprise de Nihila en découvrant un jeune membre de ce qui un jour avait été son clan. A ce même moment le jeune vampire lui avait adressé un regard d’abord apeuré, comme s’il se demandait quel nouveau malheur lui était tombé dessus, puis stupéfait en reconnaissant ce visage qu’il avait connu autrefois.   

     
    « Du Silbena Rark… Aide-moi ! » 
     
    Les lames avaient glissé sans plus chercher à comprendre le comment du pourquoi, et Jadis s’était jetée sur la bête qui affrontait le Yasuac. Des griffes arrachèrent avec force son épaule, mais cela ne l’empêcha pas de poursuivre le combat. L’homme tenta de s’interposer en défendant la bête ou plutôt l’hybride dénudé de sa forme humaine. Lycans. Au final, malgré les efforts des deux amants, des deux premier adversaire, un seul agonisant resta : le jeune vampire. 
     
    « ..u.. nous a.. abandonné.. aux mains de… Warren… ne parvient pas… gérer… lycans… Les clans… les cl… » 
      

     
    Après ? Après rien. Que du noir. 
     
      
    La solitude. Plusieurs jours. Au travers de la forêt de l’Erreur. Puis, la fin, la fin de l’errance, la fin des rêveries. Elle avait été obligée de revenir. On n’échappe pas à son passé. Elle avait des devoirs envers sa famille. Et dans cette perspective, elle avait dû sacrifier sa nouvelle vie, son écart de bonheur, ses nouveaux espoirs d’avenir qui allaient lui poser problème si elle ne parvenait pas à y couper court. C’est le rôle du chef de sacrifier ses désirs personnelles pour le bien être du clan. Il fallait oublier toutes ces frivoles d’adolescente, fermer la parenthèse et laisser les rêves là où ils se sont arrêtés, au bord d’un cœur. D’un cœur au visage dont elle ne se souvenait plus à ce moment-ci où elle se tenait debout dans cette taverne, en face d’un individu dont l’identité lui échappait.  

      
    On pousse les portes d’un grand bureau où la vampire était affairée à organiser les troupes pour leur prochain raid contre les lycans.   
      
    « ILS SONT LA ! »   
      
    « Ordonnez la mise en place. Dans 8 minutes, je veux tout le monde sur le terrain. » 




      
    « PAR LA LAME TOUTE PUISSANTE DU RARK, EGORGEZ CES CHIENS ! »   
      
    Ils étaient nombreux, mais le clan les dominait dans l’expérience. La plus part des ennemis avait à peine la vingtaine, et après leur transformation, ils laissaient leur sauvagerie se faire prendre par la ruse et l’agilité des vampires. Nihila sauta de sa monture déployant ses deux lames meurtrières. Deux têtes roulèrent au sol avant que les pieds de la guerrière n’aient encore atterris. La bataille fit rage et emmena les troupes jusqu’aux falaises qui bordaient la côte. C’était là qu’après un combat acharné qui n’en finissait pas, elle tenta un coup vertical. Mais son élan un peu trop emporter la déstabilisa ce qui laissa à l’adversaire l’opportunité tant attendue de porter un coup funeste. Et, pour une des rares fois de sa vie, la vampire fut mortellement blessée. La lame se ficha dans son ventre pour aller se planter à l’intérieur de sa cage thoracique. Ce moment empalé parut une éternité pour la jeune femme qui contemplait le visage de son assassin. Alors que les couleurs qu’elle percevait commençait à déteindre dans les ténèbres, elle imprima à jamais dans son esprit des yeux bleus claires qui à travers l’agonie apparaissaient d’un gris rarement égalé. Et cette odeur… l’odeur de lycan...  
      
    Elle la sentait encore, comme s’il était là et qu’il la regardait avec… Mais c’était lui ! C’était le lycan aux yeux gris qui l’avait tué et balancé du haut de cette falaise, la moitié de la lame encore fichée dans le corps. Elle sentit la rage bouillonner en elle depuis cette horrible cicatrice et grandir jusqu’à la submerger. Son regard vert n’avait plus aucun trace d’humour ni même de sympathie. C’était un regard glacial et haineux qui criait vengeance. A croire qu’elle ne survivait de son « écart de jeunesse » qu’en se nourrissant de vengeance, ou peut-être de cette colère contre elle-même, cette colère qui réclamait cette autre vie à peine commencée et déjà achevée, et n’aspirait qu’à la recracher sur ce monde. Elle tenta de décocher un coup du gauche en lâchant entre ses dents :  
      
    -          T’as été stupide de croire que je crèverai si facilement !  
      
    Cette phrase avait sans doute un double sens pour qui avait entendu la rumeur selon laquelle elle était morte au combat. Mais pour Jadis, le loup-garou savait très bien qu’elle parlait de l’épisode de la falaise. Car pour elle, c’était lui, lui aux yeux gris, à cet odeur d’hybride, lui dont le visage lui paraissait familier, qui se trouvait au bord de la côte et qui avait tenté de la tuer.  Elle attrapa par terre un pied de chaise cassé en pointe.  
      
    -          C’est pas de l’argent, mais ça suffira. On verra comment tu régénères sans ton cœur !  
     


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Cronose
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MessagePosté le: Lun 27 Sep - 23:27 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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C’était une retrouvaille pour la moins étrange. Nihila, perdue dans ses pensés, ne semblait même pas percuter que se trouvait en face d’elle un proche du passé. Soit elle se moquait de lui, avec son humour un peu cassant, ou alors, elle ne réalisait vraiment pas. Pourtant.
 

T’as été stupide de croire que je crèverai si facilement !  
 

Cronose en demeura perplexe. Il avait eu vent de sa mort, qu’elle avait chuté d’une falaise. Malgré cela, il n’avait jamais rien supposé et ne comprenait pas sa réaction. Pire encore, elle lui vouait une haine qu’il ne calculait pas. Le plus fou étant qu’elle désirait encore l’affronter en duel. En effet, elle se munissait d’un pied de chaise dont la pointe pouvait facilement transpercer la cage thoracique d’un individu quelconque.
Pensant qu’elle le défiait simplement comme à chaque rencontre, il n’eut le temps d’éviter entièrement le coup qu’elle lui conféra. La pointe érafla ses côtes et emporta un bout de chair qui lui fit grincer des dents. Bon sang ! D’habitude c’était dangereux, mais là c’était bien pire que ça, elle désirait vraiment le tuer !
Il tenta de l’agripper mais elle se faufila avant de se jeter sur lui. Pendant qu’ils s’écrasaient contre le planché, elle arma déjà ses bras d’un nouvelle élan pour planter son opposant. Il ne lui en laissa guère le loisir. Cronose parvint à bloquer son mouvement, empoignant ses avant-bras. Malgré sa force, il avait un peu de mal à contrer son mouvement. Toutefois, cette lutte lui laissait un peu de répit pour tenter de la raisonner.
 

-Nihila, arrête !  Bon sang, qu’est-ce qui te prends ?!
 

Seulement, elle prit la remarque comme une provocation et abaissa son corps contre lui pour lui déchirer la jugulaire. Elle obtenu satisfaction lorsque ses canines s’enfoncèrent dans le cou de son adversaire. Heureusement, il avait pu l’arrêter à temps pour ne pas qu’elle l’achève. N’empêche qu’elle lui aspirait beaucoup de sang malgré la distance qu’il essayait de maintenir entre eux. Enfin, sa rage instinctive pris le dessus. Il releva les genoux avant de propulser ses jambes contre les cuisses de la jeune femme, la faisant rouler deux mètres plus loin. En se relevant, il dégaina son énorme épée à moitié noire de jais. Levant l’arme en guise de trêve, il tenta à nouveau de la dissuader.
 

-Nihila, je ne comprends pas ?! Je ne suis pas resp… Merde !
 

Elle chargeait à nouveau alors qu’il se préparait à la recevoir. Lisant la haine dans ses yeux, il comprit qu’il ne devrait en aucun cas se ménager, s’il comptait survivre à ce duel.  


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Jadis
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Messages: 26

MessagePosté le: Ven 8 Oct - 18:18 (2010)
Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]
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    Elle essuya le liquide rubis qui coulait sur son menton. Ses yeux brillait de démence, elle ne lâcherait pour rien au monde cette proie qui lui avait mise sa chaire à goûter. C’était l’inconscience ou la folie qui s’emparait d’elle, sinon comment expliquer cette action insensée ? Il fallait un sacré orgueil pour oser se lancer dans un combat au corps à corps à mains nues alors que l’adversaire brandissait une lame comme celle que tenait le lycan. Ou une rancune telle que la colère qu’elle engendrait ne permît plus aucun contrôle à la raison. Et l’ire de la vampire faisait vibrer chacune des fibres de son être, irradiant toute forme de retenue, balayant toute notion de prudence. Elle écartait au loin tout ce qui aurait pu altérer cette violence qui jaillissait de son corps et qui ne se satisferait de rien d’autre que la mort de ce type. C’était le retour à l’état sauvage, plus aucune autre motivation ne surpassait celle de détruire l’ennemi. L’odeur et le goût du sang de l’adversaire n’avait  fait qu’exciter sa rage de vaincre. Elle fonça sur lui sans paraître un tant soit peu méfiante par rapport à cette arme redoutable. Alors que le loup-garou tentait de la dissuader d’avancer plus en fendant l’air horizontalement, elle fléchit les jambes en pleine course. Quel genre d’acrobatie allait-elle encore innover pour parer le coup ? Les possibilités étaient assez réduites étant donné qu’elle n’était plus en possession de ses deux sabres ; soit elle s’élançait malgré tout sur l’épée inhospitalière, soit elle glissait au dessous. Comme la logique voulait que Jadis ne soit pas suicidaire avant d’avoir étripé Cronose, ce dernier laissa sa rapière finir sa course vers le bas pour barrer le passage. Etrangement, la furie ne stoppa pas son mouvement, et on put admirer une nouvelle prouesse d’agilité et de déséquilibre mental de sa part. Utilisant l’élan de sa course, elle mit toute sa puissance vers l’avant, propulsant ses deux mains à plat sur la lame encore en mouvement. Mais qu’étaient deux entailles dans vos paumes quand elles vous donnent la possibilité d’assouvir votre soif insatiable de vengeance ? L’arme fut lâchée sous son poids soudain. L’élan qui lui restait et ses muscles dorsaux n’avaient plus qu’à faire finir le travail ; le résultat ne se fit pas attendre, le lycan, qui paraissait quelque peut surpris de la tournure des évènements ne put que se contenter de recevoir deux pieds joints dans sa poitrine. Le coup l’obligea à reculer de quelques pas, il manqua de tomber, mais il en fallait tout de même plus pour le mettre à terre, même par surprise.  Nihila qui venait de retomber sur ses pattes se tenait à croupi. Ses yeux furent attirés par l’épée qui jonchait le sol. Elle n’aurait qu’à placer un bon coup, un seul. Ses songes lui firent perdre une demi-seconde, et il était trop tard quand elle bondit sur la preuve évidente de sa victoire : le guerrier avait été plus rapide s’en était à nouveau emparée. Comment avait-elle pu laisser une chance pareille lui échapper ? En contre-plongée elle avait une vue parfaite sur la plaie sanguinolente à son cou. Elle constata avec amertume que sa régénération commençait à le soulager. Tous ses efforts auront été vains si elle ne se dépêchait pas de l’achever tant qu’il était affaibli. Elle s’apprêtait à rouler sur le coté pour se relever à distance quand elle fut arrêté par quelque chose au niveau de son estomac. Un pied. Plus encore que ce pied, la position de conquérant qu’adoptait Cronose venait irriter son orgueil. S’il avait eu une arme quelconque sous la main, il aurait pu la tuer de mille façons alors qu’elle était dans cet état de… faiblesse ? Et ça, c’était tout à fait inadmissible. Peut-être dit-il quelque chose, peut-être ne dit-il rien, de toutes façon, elle n’écoutait pas, elle ne voulait pas écouter ni comprendre, elle ne pouvait plus. Elle avait laissé quelque part tout ce qu’elle avait de plus humain, et il faudrait bien plus que des maux d’un futur cadavre pour la ramener. Seule comptait la destruction. Elle saisit de ses deux mains ensanglantées ce pied qui exerçait une pression sur sa cage thoracique, et le poussa vers sa droite tout en effectuant une rotation de son corps, de manière à obliger l’homme à basculer vers l’avant. Mais rien. Elle n’était tout simplement pas assez forte, et cela la contrariait au plus au point. Le plus étrange était que le lycanthrope se contentait de la maintenir immobile. Pourquoi n’attaquait-il pas ? Elle se posait cette question, mais bien vite, elle fut balayée par une nouvelle colère. Pourquoi ? Mais on s’en foutait pourquoi ! Sors-toi de là espèce d’idiote !  Jouant à nouveau de son agilité, elle releva ses jambes et s’en servit pour se saisir de celle de Cronose qui l’immobilisait au sol. En appuyant de tout son poids dessus, elle l’obligea à se mettre à plat ventre à son tour. Et cette fois, lorsqu’il fut au sol, elle se jeta sur lui. Elle l’aurait tué s’il n’avait pas à nouveau eu le réflexe de s’emparer de ses poignets, les tenant assez serrés pour empêcher qu’elle n’aille à nouveau se délecter de sa chaire hybride. Puis quelque chose tomba. Une goutte. Un filet de sang longeait sa main, passait entre ses doigts et ses phalanges. Une nouvelle migraine l’assaillit.

    Un filet de sang coulait sur ses phalanges.

    « … je serai quelque part mais de tout de façon, même si tu survis tu ne te rappellera pas de moi. »


    -    Argh !

    Ce n’était pas elle, ce n’était pas elle ! Il y avait quelqu’un qui voulait rentrer dans sa tête ! Elle ne voulait rien savoir, rien savoir. Tout ça c’était faux, ça n’existait pas, tout ça c’était de la sorcellerie. Peut-être le lycan, à moins que ce ne fut son ami. Non, ça ne rentrerait pas dans sa tête !

    -    Lâche-moi, je t’achève !


    « Quand tu pars tu me le dis sinon je t'achève la prochaine fois… »
     

    -    Je te tuerai !


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Sujet du message: Terrain de jeu [ Privé : Samaël et Cronose ]

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