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Vestige du passé
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Cronose
Lycans

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MessagePosté le: Mar 9 Nov - 14:20 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Le Bourg de Lituaille est  en continuelle croissance. Il y a peu, son économie ne dépassait pas celle d’un village à peine peuplé. Aujourd’hui, sa puissance militaire tire son mérite d’une grande avancée commercial. En bord de fleuve et entouré d’anciennes grandes villes, le bourg de Lituaille est amené à devenir une ville importante en transaction. Du moins, c’est les échos que l’on pouvait entendre à l’extérieur de ses murs.
Pour vérifier l’information, il s’était dirigé en direction de cette peuplade, car quand bien même l’avait-il déjà visité, ce fut il y a quelques nombreuses années, lorsque ce n’était jamais plus qu’un misérable hameau. La guerre avait pris fin il n’y avait que quelques jours lorsqu’il se mit en quête d’approcher le bourg de Lituaille. Comment expliquer son ressenti ? Lorsqu’on venait de finir une guerre, on accomplissait un devoir et on atteignait un but dans le cas où on remportait le combat. C’était un instant jouissif, un grand moment de beuverie puis un retour à la réalité. Etendre le territoire de son clan avait causé toutefois quelques désagréments. Il devait à présent régner en tête de famille et se présenter à chaque conseil du clan. En d’autre terme, il écoulerait ses journées uniquement pour le bien des siens et de son environnement sauvage. Pour lui, ce n’était pas l’avenir rêvé. Beaucoup enviait sa place hiérarchique mais lui s’en moquait. Alors une fois encore il s’était décidé, il quittait son clan, remettant le pouvoir à son cousin. La Seule différence étant que cette fois c’était définitif. Il avait protégé les siens du mieux qu’il pouvait et en plus il avait contribué à la victoire de son clan contre les vampires, de quoi se gonfler de suffisamment d’orgueil pour partir la conscience tranquille. Seulement, la guerre avait duré trois ans et de toute sa carrière de mercenaire, jamais il n’avait vécu un pareil acharnement à se battre. Il était épuisé, éreinté et se confronter à autrui ne représentait plu une passion mais plutôt une solution à ses problèmes. Il évitait au mieux les conflits alors qu’ils les auraient peut-être cherchés en d’autre temps. La guerre l’avait transformé, rendu plus dur envers lui-même et moins joueur de nature. Peut-être qu’il était enfin devenu  un homme, qu’au fond, il n’était resté qu’un gamin depuis près de trente années d’existence. La guerre l’avait brutalement transformé, elle s’était abreuvée de sa soif de vivre. Il n’avait plus aucun but à poursuivre. Tant de violences, tant de décès et de peines pour finalement réaliser que rien n’avait changé autour de lui, qu’il n’avait fait que répondre à une cause qui défiait plus son égo que son réel besoin de participer. En cet instant, une seule chose aurait bien pu lui faire plaisir, se défoncer la gueule à coup de bière dans la bedaine. Arrivant aux portes du bourg Lituaille, il fut surpris de distinguer l’importance des postes de contrôles et fut d’autant plus surpris de réaliser que le lieu avait triplé de taille par rapport à sa dernière visite. Contemplant les ruelles délimitées par d’énormes bâtisses en travaux, il avait l’impression de découvrir un nouveau lieu.  Il aperçut une bijouterie qui s’érigeait au sommet de ce qui fut autrefois un potager. Le monde poursuivait son cours pendant qu’il frappait l’acier contre l’acier et à présent, il redécouvrait un univers qui lui avait fermé ses portes.


Atteignant l’auberge du Grisé, seul bâtiment qui semblait intact par rapport au souvenir qu’il entretenait de ce maudit trou à poivrot. Il poussa les battants du seuil pour ensuite le franchir et atteindre le comptoir. Apparemment, le tenancier se rappela de lui et d’une certaine manière ce n’était pas étonnant. Cronose n’avait rien d’un passant ordinaire. Chevelure longue rebelle et noire de jais, des iris étrangement grise, comme si l’astre lunaire pétillait continuellement dans ses prunelles. Une épée épaisse, large et longue. Un fléau pour tout ce qu’elle prend pour cible avec une lame subtil malgré la grossièreté de sa démesure. Enfin des accoutrements étrangers de voyageurs et un ensemble assez sombre. Il ne manquait plus qu’une pipe glisser entre les lèvres et on obtenait presque la réplique de ce qu’il représentait. Le tenancier s’informa avant tout des cicatrices qui meurtrissaient l’épiderme du mercenaire. En plus d’une longue cicatrice qui lui a depuis longtemps traversé l’œil droit, il se retrouvait couturé de balafres diverses qui partiraient avec le temps. Par ailleurs, elles persistaient car ses blessures furent causées par des lames en argent, faiblesse qui l’empêchait d’user de sa régénération. Le seul moyen de s’en défaire étant de se nourrir de sang humain. Il ne comptait pas abusé de la situation et sauté sur la première gorge venue, au lieu de ça il prendrait son temps en commençant par s’installer à Lituaille durant une courte période.
Après une semaine d’ennuis, il se demandait quelle évènement pourrait distrayez son existence. Tout ce qu’il avait vécu le rendait las du quotidien et des banalités. Il lui faudrait presque la visite inopinée d’un vieil ami du passé ou bien un évènement lui véhiculant de l’adrénaline. Ce qu’il ignorait, c’est que sa lassitude prendrait fin dés qu’il aurait aperçu la personne qui semblait le connaître et s’approchait de lui hâtivement, au détour d’une ruelle bondée de citadins.


Dernière édition par Cronose le Ven 19 Nov - 06:20 (2010); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 9 Nov - 14:20 (2010)
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Jadis
Vampires

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Inscrit le: 18 Déc 2009
Messages: 26

MessagePosté le: Mer 10 Nov - 00:28 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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    Le tintement d'une clochette. Toujours assis sur son siège, l'armurier se pencha en arrière pour voir l'individu qui venait d'entrer dans sa boutique. Mais il avait beau avoir des yeux perçant, il ne put déceler aucune identité. Une longue cape sombre le couvrait des pieds à la tête où se rabattait une un pend de tissu qui laissait son visage dans l'ombre. Il portait à ses pieds des sortes de chaussures renforcées qui malgré leur épaisseur laissait deviner une pointure plutôt petite... Pour un homme en tout cas.

    _ Qui va là ?! Jeune homme, ceci n'est pas une garderie ni un lieu de récréation !

    On s'exécuta, et la capuche tomba lourdement entre les deux omoplates de Nihila, révélant une chevelure peu ordinaire. L'homme écarquilla des yeux bruns entourés de rides marquées. Puis un large sourire étira la peau de son visage.

    _Jadis ! Voilà bien une semaine que je t'attendais !

    L'homme se précipita sur la porte de la boutique, tourna le panneau qui affichait désormais 'Fermé', et ferma la serrure à clef, avant de se diriger vers une pièce à l'arrière du magasin. La vampire le suivit dans un couloir étroit qui menait à l'atelier de l'artisan. Sur une table gisaient deux lames sérieusement abîmées, mangées par la rouille, rongées par le sel, ébréchées. La femme fronça des sourcils d'un air amère avant de se frotter les poignets. L'un comme l'autre, ils portaient les marques brunâtres de brûlures. Des jours et des jours à être ballottée par les vagues alors que deux poids d'acier son attachées à ses avant-bras. Elle regarda les entailles blanchâtres qui s'évanouissaient lentement sur ses mains. Des ac-coups incessant de ces lames contre le tranchant des mains. Ces lames n'avaient pas été de simples lames. Elles avaient appartenu à un magicien, et elles avaient été imprégnée d'une magie, il y a fort longtemps. Et maintenant …

    _Ce n'était plus qu'un peu de ferraille...Désolé je n'ai rien pu faire. En revanche, ceci pourrait t'intéresser davantage...

    Il se dirigea vers une commode et tira l'un de ses tiroirs pour en extirper une étoffe qui contenait sans doute quelque chose de rigide. Le commerçant dévoila enfin son trésor et le présenta à la jeune femme dont les yeux se mirent à briller en voyant les deux objets. Ils étaient d'une beauté indescriptible. Il s'agissait de deux épées courtes, d'à peu près 70 cm chacune, forgées dans de l'argent. Une puissance telle se dégageait des deux armes que la vampire ne put s'empêcher d'en prendre une en main. Alors, une impression de pouvoir absolue l'irradia.

    _D'habitude je ne fais pas dans la marchandise douteuse... C'est un type louche qui est venue vers moi. Il voulait absolument s'en débarrasser à n'importe quel prix ! Sans doute un de ces minables petits voleurs. Heureusement pour moi, il n'avait aucune idée de la valeur qu'elles pouvaient représenter ! Il était bien trop occuper à se soucier de ce qu'il lui arriverait si on le rendait coupable de ce larcin et...

    _Combien ?

    _Je te les fais à quatre cents, parce que les temps sont dur... Mais elles valent beaucoup plus !

    _Je les prends. Tu me les gardes jusqu'à demain ?

    _Bien sûr ! A demain alors.

    Nihila eut bien du mal à se séparer de ses nouvelles trouvailles. Lorsqu'elle sortit, elle soupesa sa bourse. Les quatre cents pièces, on y était pas encore hein ! Elle avait rabattu sa capuche et alla guetter au coin de la rue d'en face. Elle y attendrait jusqu'à ce que l'armurier ferme boutique pour dérober les lames. Faire le pied de grue pendant des heures pour obtenir ces merveilles, elle le ferait sans hésitation. Voilà à quoi elle en était réduit. Sa dignité avait eu beaucoup de mal à s'y faire. Être dans l'anonymat, dans l'ombre, voler et disparaître. Tuer ? Elle l'aurait fait dans d'autres circonstances, elle aurait tué le commerçant et serait repartie les poches pleines. Mais dans cette fourmilière... Il fallait tuer le moins possible. Ne pas attirer l'attention. Et sous les remarques, baisser la tête. Du moins, pour l'instant. Comme une personne aussi digne s'était réduit à ça ? Sa rancune l'avait exigé : oui, elle resterait ici jusqu'à être définitivement équipée et jusqu'à ce que sa vengeance soit fin prête. C'était comme un acide produit par ses entrailles, par cette blessure, un liquide répugnant qui la dévorait de l'intérieure, une haine si puissante qu'elle faisait plier tout le reste, l'orgueil, l'arrogance. Elle pouvait tout endurer pour parvenir à son but ultime : tuer Cronose Heart de la manière la plus douloureuse possible. Adossée dans un recoin du mur de la ruelle, elle se mit à imaginer toutes les manières les plus cruelles qu'elles pourrait exercer sur ce chien qui avait osé se servir d'elle.

    Plongée dans ses fantasmes macabres, elle fut littéralement arraché à ses rêveries quand ses yeux vifs décelèrent la présence d'un étranger, ce genre de personne à qui elle avait appris ces dernières semaines à ne pas ressembler car ils attiraient beaucoup trop l'attention. Il marchait tranquillement dans une rue adjacente à celle de la vampire et possédait une...

    *... une putain d'épée comme on en trouverait pas deux sur cette terre *


    Tandis que les pensées haineuses fusaient dans l'esprit de la folle furieuse, d'autres questions émergeaient : pourquoi était-il là ? Avait-il quitté la bataille ? Quitté son clan ? Les lycans avaient-ils étaient chassés ? Etait-il venu car il avait entendu dire qu'elle était envie et donc dans le but de l'achever. Les muscles de son corps se crispaient tant la rage bouillonnait en elle. Ses pas étaient plus rapide et plus assuré : elle allait le bouffer sur place. La discrétion ? Les gens ? Le reste ? Plus rien n'importait, plus rien n'avait aucune importance que cette évidence palpable : il était là, et il n'allait plus être très longtemps s'il ne bougeait pas très rapidement.


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Cronose
Lycans

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MessagePosté le: Mer 10 Nov - 01:16 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Il se  mordillait le pouce en quête d’une peau morte lorsqu’il perçut un mouvement agité filant droit sur lui. De plus, il put reconnaître l’odeur familière d’un vampire. Il en avait assez côtoyé durant la guerre pour les identifier uniquement à l’odeur et ses facultés de lycanthrope lui fournissaient une identification sur longue distance. Il venait pour lui, cela ne faisait aucun doute.  Mais faisant face à la furie, la stupéfaction l’empêcha d’esquiver le premier coup. Bordel… c’est Nihila ?! Il demeurait fixe, paralysé d’une effroyable surprise alors que son poing vint le heurter en pleine tempe. La violence du choc le déstabilisa au point qu’il dût s’adosser contre l’un des pans de la ruelle. Il saignait à l’arcade tandis qu’il hallucinait.
 

-Wow ! Eh bien, je t’ai toujours connue violente mais là je dois dire que ça reste surprenant !
 

Il allait éclater de rire lorsqu’elle lui enfonça son bras dans l’estomac.  La douleur lui coupa le souffle tandis quelle porta son autre main sur son front pour lui claquer l’arrière du crâne contre le mur. Il comprit aussitôt, quelle lui portait une rancœur qui dépassait de loin leur amitié, la guerre avait fait bien plus de ravage que prévu. Il immobilisa ses deux bras en plein vol et la plaqua contre lui, l’empêchant de réagir. Bien entendu, il la plaçait dos à lui, histoire d’éviter un merveilleux coup de pied dans les bijoux de famille.
 

- Ecoute-moi attentivement et calme-toi ! Il reprit son souffle pour finalement lui souffler. De mon point de vue, la guerre n’a pas fait de nous des ennemis, pour preuve j’ai toujours pris soin durant ces trois années d’éviter ton régiment. Je ne voulais pas me confronter à toi car je n’aurais pu diriger ma troupe à ton insu. Je te savais assez forte pour survivre mais je t’avoue qu’à la fin de la guerre, je commençais à douter. Mais je ne veux pas que cet évènement, quand bien même marqua-t-il notre existence, doit faire de nous des ennemis.
 

Il lui laissa le temps d’assimiler tandis qu’il maintenait ses bras. Il avait oublié à quelque point cette femme disposait d’une forte poigne. Ne pouvant toutefois resté dans cette situation problématique, il la relâcha en analysant sa réaction. Allait-elle lui pardonner ce conflit, cette opposition qui les séparait de leur complicité ou bien étaient-ils devenus réellement ennemis ?


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Jadis
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MessagePosté le: Mer 10 Nov - 03:26 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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    Le frapper n'avait fait qu'attiser son envie de continuer. Mais après avoir encaisser les premiers coups, il avait rapidement repris le dessus en lui tenant les deux bras. Après avoir exprimé son point de vue il attendit un moment avant de lâcher prise prudemment, comme s'il fallait attendre que son petit speech soit bien entendu. Oh oui, il n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Alors comme ça il avait pris soin de garder le 'meilleur pour la fin' ? Pendant tout ce temps il l'avait gardée de côté par peur de perdre. Ses derniers mots déclenchèrent un rire qui ne cachait rien de la haine qu'avait la vampire à l'encontre de Cronose. Elle dut cependant lutter contre ses pulsions pour ne pas se jeter sur le loup-garou et l'écorcher vif. Il l'avait évitée à la guerre, il ne pourrait plus ici. Ici, il était à elle. La confrontation était désormais inévitable, il ne pouvait plus esquiver par peur de perdre. Et maintenant il ne voulait plus être son ennemi ? Quelle drôle de conversation. Elle se retourna pour défier du regard cet individu qui mobilisait toutes ses énergies dans le mépris qu'elle lui portait. Elle releva légèrement le bas de sa chemise dévoilant une cicatrice sur son abdomen comme jamais on n'avait pu en voir sur elle, malgré ses nombreux combats.

    _C'est vrai qu'il n'y a pas que les ennemis qui s'empalent. Non, tout bon ami prend soin de te jeter, une fois déchiqueter, du haut d'une falaise.

    Par quoi pouvait-elle commencer... peut-être lui planter des couteau en argent dans les genoux, l'histoire de s'assurer qu'il ne bouge pas. Ou bien l'assommer et l'attacher solidement pour mieux s'amuser. Elle se rapprocha du lycan plantant ses yeux d'émeraude dans l'acier de ses iris. Ces mêmes yeux qu'elle avait fixé près de la côte.

    _Pas vrai, Heart ?

    Elle avait accentué son nom de famille, qu'elle n'avait d'ailleurs jamais utilisé ainsi, en affichant un sourire effroyablement antipathique et même menaçant.

    _On t'a jamais dit qu'on reconnaît les traîtres quand on les regarde dans les yeux. Elle resta un moment à le détailler de tout son dédain avant de faire un pas en arrière. Et bien alors, allons-y, cette fois ce n'est pas ta présence qui me déstabilisera bien au contraire. Mais à la différence de toi, je ne te laisserai rien au hasard et ferais en sorte que le premier et dernier coup soit le bon.

    Son attention vint à être capturé par le sang qui coulait de l'arcade du guerrier. Un filet rougeoyant qui traversait son visage et dont l'odeur ouvrait l'appétit. D'autant que Nihila s'était efforcée depuis plusieurs jours de contenir cette soif inassouvie pour des raisons de discrétion qui n'avaient plus lieu d'être à présent que le repas était servi. Elle était tentée de bondir sur sa jugulaire, là tout de suite, maintenant, cependant, l'expérience lui avait démontré que la tactique très réfléchie du "foncer dans le tas" ne marchait pas forcément avec ce type. Et, le sang continuait son long périple en quête de gravité terrestre, et bientôt la goutte de trop serait celle qui rendrait insoutenable cette attente...


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Cronose
Lycans

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Messages: 68

MessagePosté le: Mer 10 Nov - 04:16 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Il ne comprenait pas ses propos et tout ça provenait d’un simple malentendu pour ne pas dire lapsus. Il en prit conscience que trop tard car elle lui témoignait sa rancœur sans qu’il ne puisse choisir soigneusement ses mots. Comment pouvait-elle se persuader d’un tel mensonge, qu’avait-il manqué pour en arriver là ?   


-Moi un traitre ? Tu te berces d’illusions, je ne sais pas ce qui t’es arrivée mais t’es persuadé que je suis le fautif dans l’histoire ?! Je vais te dire une bonne chose, le jour ou je serais un traitre, c’est quand je me transformerais en mouton !


Quand il aperçut la cicatrice, c’est interloqué qu’il analysa la gravité de cette blessure. La lame qui  l’avait traversé était démesurée et Cronose correspondait parfaitement au profil du fautif. Ce n’est quand même pas sur cette base qu’elle le suspectait ou plutôt se persuadait de sa trahison ? Il y avait sûrement autre chose qu’il ignorait. Alors qu’il se perdait dans ses réflexions, elle profita de la situation pour se ruer à son cou. Merde, il réagit que trop tard tandis qu’il sentit des canines s’enfoncer dans sa chair, à l’aide de son coude, il sauva sa jugulaire mais un éclat d’hémoglobine ruisselait déjà de sa blessure. Il repoussa la vampire violemment et dégaina son épée avant de pointer l’extrémité sous la poitrine de la jeune femme.


-T’es pire que cinglée, ta failli me tuer en plus t’es complètement dans le cirage ! Tu peux me dire sur quoi tu m’accuses à par la démesure de ma lame, car sincèrement c’est trop peu pour m’accuser de trahison !

Ensuite, l’incompréhension qu’il contempla sur son visage intensifia sa prise de nerfs. Il l’obligea à reculer jusqu’au mur opposé pour finalement glisser une jambe entre les siennes et maintenir ses deux bras à l’aide des siens. Bien évidemment, sa manœuvre l’avait obligé à jeter son arme.


-Maintenant je veux que t’y penses sérieusement. Rappel toi exactement de ce qui s’est passé, lui fit il en la cherchant du regard, et prend en compte l’hypothèse que ce n’était pas moi qui te faisais face ce jour-là. Crois-tu que cette réflexion mérite de l’intérêt ? Car franchement je me répète encore une fois, mais j’ai rien avoir dans tous ça ! Le pire c’est qu’encore à cet instant, comme tu es désarmée j’aurais pu t’écraser et pourquoi d’après toi je ne l’ai pas fais ?


La haine l’asphyxiait, il devait repousser sa montée d’adrénaline pour contourner la bête qui sommeillait en lui. Après tant d’aversions dans ses multiples batailles, il contrôlait plus difficilement ses pulsions. Le sang continuait de couler alors qu’il se vidait lentement de ses forces. Il afficha son masque autoritaire pour ne pas dévoiler son instant de faiblesse.


*Bon sang, je n’aurais pas dû baisser ma vigilance…* réalisait-il en attendant une réaction de sa part.


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Jadis
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MessagePosté le: Dim 14 Nov - 00:37 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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    Elle n'avait pas pu résister. Alors que Cronose était déstabilisé par l'incompréhension, elle en avait profité pour planter ses crocs dans sa chaire. Elle aurait atteint sans peine la veine principale si le lycan n'avait pas interposé son coude ce qui lui permit de repousser Jadis. Il ne laissa pas une seconde de plus à la vampire, et dégaina directement sa rapière pour la tenir à distance. De quoi elle l'accusait ?? Il se moquait d'elle ! Il savait très bien ce qu'il avait fait ! Faisait-il vraiment semblant de ne pas comprendre ? Le doute s'immisça dans son esprit. Non. Ce devait être une ruse. Ou elle devenait folle. Enfin, plus qu'elle ne l'était déjà.

    La pointe acérée de sa lame l'obligea à reculer contre le mur. Elle restait attentive aux moindres mouvements de la lame qui pourraient trahir une quelconque attaque. Cette fois elle ne se laisserait pas avoir. Mais rien. Qu'attendait-il ?! Il la força à reculer jusqu'au mur et comble de l'étrange, il se désarma pour maintenir ses bras. A quoi jouait-il ? Croyait-il qu'elle fléchirait comme ça ? Avec des mots ? Alors qu'elle l'avait vu ? Elle l'avait VU ! Même si l'assemblage de toutes ces pièces formaient un puzzle bancal, ce ne pouvait pas être quelqu'un d'autre...

    Elle ne savait plus quoi faire : croire en ses souvenirs, ou croire un loup-garou ? Sans hésitation, elle avait choisi la première option. Par orgueil sans doute, car elle s'était cru infaillible. Avait-elle vraiment foiré sur ce coup là ? Et de quoi se souvenait-elle après tout, de quoi ? Plus qu'un but à atteindre, elle en avait fait le sens des jours qui lui restaient. Elle lui avait voué une telle haine, elle avait tant macéré dans ses propres ressentiments, elle s'en était tant imprégnée qu'il lui paraissait totalement fou que tout ça ait été basé sur... Une ombre ? Une arme ? Un regard ? Un regard. Peut-être qu'elle avait été perturbé par ces yeux argentés, si semblables à ceux de son ancien compagnon d'aventure. Peut-être que ce visage inconnu avait pris celui de Cronose car elle ne parvenait pas à l'identifier. Peut-être que...

    Elle voulait arrêter de penser tout de suite. Tout ça était faux ? Elle avait foiré. C'était inconcevable. Bien sûr. Tout avait été faux. Toute cette énergie dépensée pour du faux ! Et c'était quoi cette soudaine sensation de malaise, comme si on était entrain de gratter la terre dans laquelle elle avait enterré quelque chose. Un... manque...? Une... Absence ? Non. Non, non, non. Il n'y avait rien, rien du tout, elle n'avait rien enterré, elle n'avait rien. Rien. Des débris. C'est tout. Rien de plus. Rien. Elle ne voulait rien. Elle ne voulait rien se souvenir, elle avait mis tout ça dans un coffre, y fermer à double tours, et... l'avait enterré. Il avait fallu passer à autre chose, il avait fallu surmonter, il avait fallu faire face et garder son sang froid. Pas de place pour les nostalgies ou les déprimes à deux balles. Elle n'était pas de ce genre là. Enfin, elle espérait ne pas en être arriver à un tel état de faiblesse.

    C'était donc ça ? C'était donc cette sensation qu'avaient tous les... les lâches ? Ce mal à digérer sans broncher ? Cette démotivation à assumer des faits, des actes, des pensées, des sentiments....

    Lorsqu'elle était revenue à son clan, qu'elle avait repris les rênes à l'étonnement de tous, elle s'était préparée à ne plus rien avoir à faire avec son passé, non sans mal. Ca avait été comme se persuader que ces années loin des siens n'avaient jamais vraiment existées. Comme une rêverie. Un moment d'immaturité pour échapper aux règles et aux devoirs. Et maintenant ? Se créer une nouvelle voix, repartir comme si de rien n'était. Mais repartir où ? Repartir ? Pour faire quoi ? Rien non plus. Elle était dans une impasse. Elle ne savait pas comment s'en sortir, alors si elle était encore là, il faudrait faire disparaître tout le reste...

    Elle avait craqué, tout simplement craqué, elle n'avait plus toute sa tête se devait-être la chute de la falaise, ce devait-être ces jours de dérives, de déshydratation passés à dériver sur la mer, ce devait-être la guerre.. Il aurait du la tuer. Il aurait du la tuer. L'inconnue aux yeux gris sur la falaise, ou Cronose à l'instant. Parce que, oui, elle devait avoir pété un câble, et peut-être bien qu'elle en devenait dangereuse. Elle avait failli le bouffer, comme à son habitude, sauf que là... Là, elle n'en éprouvait pas vraiment un sentiment de remord. Non. C'était plus un sentiment de... de déception. Ca n'aurait donc jamais de fin ? N'y aurait-il jamais une coupure nette entre passé et présent ? Faudrait-il toujours regarder en arrière ? En fait, bien que la possibilité que Cronose soit innocent de ce que Nihila avait pu l'accuser s'avérait de par tournure logique des événement, et aussi par la réaction de Cronose, elle lui en voulait encore. Elle n'avait plus rien à lui dire, elle ne voulait plus rien entendre de sa bouche, elle ne voulait même plus le regarder. Elle voulait juste qu'il... Elle voulait qu'il disparaisse, et qu'il ne revienne plus jamais, et qu'il emporte tout avec lui. Encore une fois...

    Il fallait un fin. Peu importait qu'elle soit bonne ou mauvaise. Il avait eu l'occasion de la tuer, il aurait dû la saisir. Jadis utilisa le mur comme appuis pour se propulser sur le lycan, retombant califourchon sur lui, plaquant ses avant-bras contre le sol pour coincer les mains qui les retenaient encore.

    _ Oui, pourquoi tu ne l'as pas fait ?! articula-t-elle enfin en cessant de fuir son regard. Elle avait remis ce masque empli d'arrogance, de provocation, et de haine, pour mieux rabattre tout le reste, le doute, l'absurde, le froid, le rien, le néant. Seul moyen qu'elle avait couper court à cette réalité sans issue. Elle voulait qu'il disparaisse ? Elle n'avait qu'à le faire disparaître. Il était là, en position de faiblesse, blessé qui plus était, elle n'avait qu'à l'achever et la fin était écrite, la page tournée. Elle passerait tous ses nerfs à lui arracher la vie, et c'en serait fini. Alors qu'est-ce qu'il lui prenait ? Pourquoi cet hésitation ? Certes, elle lui voulait toujours... Mais de quoi ? Elle s'écarta pour se relever.

    _ Dégage.

    Elle se sentait fauve, bestiale, complètement sauvage. Elle avait du mal à se rappeler qu'il n'y a qu'à la guerre qu'on se jette sur ce qui bouge pour se défouler. Maintenant, elle n'avait plus de raison de le tuer. Elle ne pouvait pas le faire disparaître, et puis ce n'était pas nécessaire. La bataille se chargerait sûrement de lui, ou d'elle.Elle frotta sa tempe où une migraine commençait à percer son crâne. Putain mais, qu'est-ce qu'elle foutait là ? Qu'est-ce qu'elle foutait encore là?! Elle devait à tout prix rejoindre la bataille, défendre son clan ! Retrouver celui qui avait osé croire qu'il pouvait tuer une Silbena Rark. Des allusions faites sur la fin de la guerre, elle n'avait rien enregistré.

    _Dégage. Retourne à ta bataille. Retourne à ton régiment.


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Cronose
Lycans

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Inscrit le: 17 Déc 2009
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MessagePosté le: Dim 14 Nov - 23:44 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Pendant qu’elle lui grimpait dessus à califourchon, il ne put s’empêcher d’emporter dans sa chute un poignard qu’il n’aurait pas hésité à planter en cas de seconde attaque. Profitablement, elle hésitait, le croyait-elle enfin ?  Avait-elle compris où fut telle victime d’un mutisme bien trop insondable pour parvenir à saisir la vérité ? Sa rancœur dépassait tout autres possibilités car elle l’intimait à déguerpir. Le plus troublant étant ses mots, pourquoi rejoindre un régiment, une bataille qui avait pris fin ?
Cette fois, il ne put s’empêcher d’exploser de rire, de déployer son hilarité en se massant les côtes tant il en pouvait plus. Les larmes aux yeux, il riait à gorge déployé et finit par se calmer après deux longues minutes.
 

-Eh bien, j’ai plus ris comme ça depuis des siècles…  Cette fois, il raclait sa gorge pour reprendre son sérieux et tout en l’interpellant du regard, il lui fit part de l’échec des siens.
 

-La guerre est finie, tes régiments sont morts et enterrés et pour les autres ils ont abandonnés la guerre pour se réfugier en villes. Vous n’êtes plus un clan et vous êtes encore moins soudés. Des résidus de sangsues cherchant une raison d’être ! Je me demande s’ils sont tous devenu comme toi… il lui jeta un sourire mauvais et un regard pénétrant avant d’ajouter : « décevant »
Marre de jouer, le loup rugissait en lui et cette blague avait assez durée… si elle comptait en finir et bien il l’accepterait même si au fond de lui, une voix l’interdisait d’en arriver-là.
Ce fut quelqu’un de proche autrefois mais ce n’était plus que l’ombre d’elle-même. Il n’y avait plus aucune complicité, plus de points de communs et encore moins d’attirance. Elle ne lui évoquait que le vestige d’un passé qui ne pourrait plus jamais exister. La provoquer semblait être la meilleur solution, après tout c’était son jeu préféré, peut-être conservait-elle une part de sa fougue d’autrefois. Puis, la rage qui bouillonnait en lui refusait de somnoler, c’est seulement en la dépensant qu’il pourrait retrouver sa lucidité. Il dévoila son poignard au grand jour et c’est sourire aux lèvres qu’il prit soin de l’attaquer.
 

-Je vais te donner une bonne raison de m’en vouloir. Tu t’es assez foutue de ma personne, il est temps que je te remette à ta place ! T’aurais pas dû le réveiller…. En plus, il est pas commode !
 

Il poussa un grognement se rapprochant davantage d’une bête sauvage que d’un humain. Se jetant sur Nihila, ses muscles saillaient à vue d’œil faisant fuir la plupart des citadins en paniques. Un duel démarrait et ne pourrait s’achever que dans le sang…


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Jadis
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MessagePosté le: Lun 15 Nov - 11:01 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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    Et quoi ? Il... IL RIAIT ?? La cause de son hilarité fut bientôt dévoilé : la guerre était finie. Non, c'était pas possible, elle ne s'était pas autant absenté ?! Quelques semaines, un mois tout au plus, non, ce n'était pas possible, IL MENTAIT ! La tension était trop grande, elle ne parvenait plus à maîtriser ses nerfs ; elle tremblait. Ses régiments ? Morts ? Ses régiments, à elle ?? Il lui annonçait ça en prenant un malin plaisir sur chaque mots qu'il prononçait. Les yeux étincelants d'une lueur qu'elle n'avait jamais eu à affronter jusque là. Réveiller ? Réveiller quoi ? Réveiller qui ? Mais dans son discours délirant, il dévoila une arme blanche. C'était au tour du Lycan de perdre son sang froid, et de se jeter sur elle.

    Fini. C'est fini. Ca va finir. Ca va peut-être finir. Elle se sentait vidée, complètement à côté de ses pompes. Elle avait poursuivi un but basé sur quelque chose de faux, oubliant tout le reste. Elle avait abandonné ses troupes par pur égoïsme et maintenant... Tous morts ? Disloqués, sans doute à se disputer le pouvoir comme des chiens s'arrachent un bout de viande.

    Cronose chargeait sur elle, et ça elle en avait bien conscience. Les passants s'écartaient en hurlant, et elle ne bougeait pas. La lame se rapprochait dangereusement d'elle. Mais qu'est-ce qu'elle foutait là ? Sans but, sans arme. Une épave. Elle tenta tout de même d'esquiver, s'y prenant un peu trop tard pour échapper totalement à la lame. Cette dernière trancha dans le tissu incisant sa chaire en une estafilade au niveau de son flan gauche. Il n'était même plus question de discuter, d'ailleurs la vampire n'en avait ni la motivation, ni l'envie. Il attaquait à nouveau, verticalement cette fois, comme pour lui perforer le cœur. Jadis se décala juste à temps et profita des ses quelques centièmes de secondes d'avance pour lui donner un coup de poing sur la même tempe déjà touchée dès les premiers instants de leurs retrouvailles. Elle savait pertinemment que ça n'aurait pour effet que de renforcer sa hargne. Nihila s'apprêtait à reculer par précaution mais le guerrier la retint par le poignet. Ainsi elle ne pourrait plus lui échapper. De là où elle était, elle voyait les traces de la guerre qui avaient ravagées son visage. Peut-être avait-elle aussi ravagé son esprit pour n'en faire rien d'autre qu'une vulgaire bête assoiffée de sang sans pour autant parvenir s'en satisfaire. Il était comme tous les autres chiens de son espèce, il ne valait rien. Il n'y avait plus rien à récupérer. Y avait-il seulement eu quelque chose ? Ou avait-ce été la situation de la Silbena qui avait changée son regard sur lui ? Avait-elle vu en lui un moyen de rébellion contre les siens qui avait laissés Kerzorn être assassiné ? Un pur affront envers les siens. Il n'avait rien été de plus. Elle s'était illusionnée toute seule en partant de son gré avec l'ennemi. Elle s'était illusionnée de lui. A présent elle voyait son vrai visage, le visage de ceux qui se nourrissaient de la violence. Le visage de la sauvagerie. Et maintenant elle n'avait plus rien, et c'était à cause de lui. Elle n'avait plus que des mémoires à défendre, des souvenirs. Elle ne le laisserait pas s'enorgueillir de la gloire de l'avoir tuée.

    De sa main libre, elle se saisit du poignet de Heart pour empêcher le poignard de la toucher. Avait-elle négligé le léger détail de la force que la rage libérée avait déuplée ? La pointe acérée continuait de s'approcher de son cou malgré tout. Il allait asséner un coup de genou dans le ventre de la femme quand, au même moment, elle interposa sa jambe. Ils se retrouvaient ainsi dans une position tout à fait ridicule où chacun tenait un poignet de l'autre, et où ils restaient en équilibre sur un seul pied. Le tranchant aiguisait luisait à quelques centimètres seulement de la carotide de Nihila. C'est alors qu'elle tira ses deux bras vers l'arrière pour lui donner un coup de tête en plein dans son arrête nasale. Craquement. Cascade sanguine. Mais elle avait négligé un autre détail : ils étaient toujours à cloche pied et en l'attirant vers arrière, elle avait certes fait explosé son nez, mais aussi tout déséquilibré. Résultat : ils s'écrasèrent. Tout autour d'eux, la désertion des passants allait bientôt faire place à l'apparition de gardes affectés à la surveillance de l'agitation. Mais ni l'un n'y l'autre n'y avait prêté la moindre attention, beaucoup trop occupés à s'entretuer. La situation s'était retournée, désormais, Cronose était en position de force, armé, et au dessus d'elle. Elle ne pouvait pas mourir comme ça, elle ne pouvait pas mourir. De toute façon, il lui semblait qu'elle était déjà morte depuis longtemps. La chute ne les avait pas fait lâcher prise. Il s'agissait à présent d'empêcher le lycan de redresser suffisamment son corps pour pouvoir la poignarder. Elle enlaça alors de ses jambes la taille de se dernier l'obligeant à rester collé contre elle. Elle s'efforçait également de maintenir son poignet prisonnier le plus loin possible pour que le loup-garou ne se serve pas de son coude comme appuis. Bien qu'elle sentait le bouillonnement sanguinaire de Cronose s'attiser, elle se mit à rire.

    _ Qu'est-ce que tu crois Heart ? Est-ce que tu crois ? Mais regarde toi ! T'es qu'un chien boiteux ! Même avec une arme t'arrives pas à couper court au combat. Et tu as... Elle s'interrompit pour afficher un sourire à la fois amusé et déconcerté. Tu as vraiment cru que, toi, pourrait me tuer ? Je t'aurais bien prouvé le contraire, dommage que quelqu'un s'en soit déjà charger pour toi.

    _ Eh, vous ! Lança le chef de l'escouade à leur attention. De nombreux gardes avaient accouru prévenus par les citadins.


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Cronose
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MessagePosté le: Mar 16 Nov - 18:09 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Il hurlait à la mort pendant que le disque lui dévoilait la voute céleste. Enfoui dans les ténèbres, seule la rage de l’animal pourrait le sortir de ce pétrin, encore devait-elle déchainer sa rage. Le problème étant que sa perte de contrôle s’était malencontreusement jouée en présence de Nihila, lui attribuant une image d’ennemie alors qu’il savait au fond de lui qu’elle n’était pas très différente d’autrefois. Mais c’était trop tard, le sang bouillonnait en lui et quand ce n’était pas par désir charnel ce n’était que par soif d’hémoglobines. Elle parvint à lui bousiller l’arête du nez qui déversa une épouvantable giclée de sang. Se retrouvant au dessus d’elle, il ne pouvait espérer la meurtrir ou l’étrangler, elle maintenait ses bras de la meilleure façon qu’il fut. Mais en vérité, il se jouait d’elle.


Pendant que le chef de l’escouade les interpella, Cronose se mit à rire, comme s’il ne pouvait plus se ravoir. Il dégagea sans mal les bras du vampire et parvint à l’immobiliser par les épaules. Scrutant l’émeraude de ses yeux, il demeura un instant subjugué pris par le désir du passé mais se ravisa pour afficher à nouveau son masque de haine et de rage. Sa mâchoire s’élargissait en gros plan pour Nihila qui distingua la dentition proéminente du lycanthrope. Il pouvait à présent contrôler différentes parties de sa transformation indépendamment de l’astre lunaire. Il laboura l’épaule de la jeune femme et lui arrachait un bon morceau de chair avant que plusieurs carreaux d’arbalète l’interceptent. Les soldats l’avaient picoré et cette fois, il fut nettement plus affaibli. Se relevant, abandonnant le corps blessé de la jeune femme, il poussa un rugissement avant de se transformer en pleine ville devant une foule effrayé. Le chef de l’escouade ordonnait son exécution et une pluie de carreaux s’abattait sur le lycan. Malgré tout, à genou, au bord de la mort, il continuait de muté et arborait à présent l’apparence réel d’un lycanthrope. Un loup dressé sur deux pattes, immense, de puissants bras aux mains pleines de griffes. Il se rua sans attendre sur les gardes et les déchiquetaient à coup de pattes. Une simple gifle parvenait à décapiter certains d’entre eux alors qu’ils dégainaient tous leurs épées. Même les lame se fracassait sous la furie de la bête, elle réclamait du sang, beaucoup de sang. Voyant rouge, elle extirpa la vie de plusieurs humains, se nourrissant de leurs fluides pour guérir un peu plus aux coups qu’on lui administrait. Mais le chef d’escouade connaissait le phénomène, il dégaina une arbalète de poing, fixa un carreau en argent et planta « l’incarnation du diable ». Le projectile traversa la cage thoracique du lycanthrope qui s’écroula lourdement au sol. Perdant connaissance, c’est sourire aux lèvres qu’il rejoignait les ténèbres d’un repos provisoire. Grâce à son spectacle, sa démence enragée dormait profondément et lui permettait de retrouver toute sa lucidité.
Lorsqu’il reprit connaissance, ce fut dans une cellule, les bras derrière le dos, menotté lourdement aux poignets et aux chevilles. Dés son réveil, le surveillant quitta les geôles et revint avec le lieutenant, ce fameux type qui l’avait intercepté.


-De toute ma vie, je n’ai jamais vu un seul homme capable de muter sans l’approche d’une pleine lune. Comment cela se fait-il démon ?


Cronose scrutait l’individu en silence, il eut un soulèvement du buste en poussant un rire succinct avant de lui répondre.


-Pourquoi me poser la question, j’ai quelque-chose à gagner ?


L’homme lui dévoua son dégout en arborant une grimace méprisante.


-Non plutôt à perdre. Qu’importe que vous soyez différent, ça ne changera pas votre inéluctable fin. Dés ce soir, vous serez exécuté sur la place de Lituaille en présence des citadins qui désirerons observer votre pendaison.  Adieu étranger.


Il quittait les geôles, laissant le lycanthrope à ses réflexions. Il murmura un mot « Nihila… » Puis s’allongea de côté, recroquevillé contre lui-même pour se procurer un peu de chaleur.
Enfin vint l’heure de l’exécution, escorté par trois régiments, il ne risquait pas de s’enfuir menotté et surtout calmé de la bête qui s’était exprimée précédemment. Pendant qu’on jugeait son crime, le témoignant à la foule, il subit l’humiliation de plusieurs protestations du public. Il était détesté d’un lieu qu’il avait toujours apprécié. Cherchant du regard ses connaissances, il aperçut le tenancier du bar ainsi que quelques amis qui préféraient éviter de croiser son regard. Balayant la foule, il ne put distinguer Nihila, faut dire qu’il y avait pas mal de monde.
Enfin, on le fit approcher de l’estrade où l’attendait le nœud d’une corde en chanvre. On y glissa son cou et relatant les derniers propos propre aux mises à morts, le bourreau actionna le mécanisme qui libéra la trappe sous ses pieds. Sa nuque ne put se briser sous le choc car Cronose était véritablement une machine de guerre mais une chose fut certaine, il étouffait et ne tarderait pas à crever. De plus, l’aversion des gens se reflétait par leurs réactions haineuses. Ils profitèrent de l’instant pour lui balancer des pierres. En plus de suffoquer, il subissait le choc de rocs de plusieurs tailles et certains venaient le frapper à la tête. Intérieurement il souffrait mais préférait rester muet…  jusqu’à la mort, il conserverait la tête haute !


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Jadis
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MessagePosté le: Mer 17 Nov - 21:33 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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    De toute sa vie, jamais Nihila Du Silbena Rark n'avait assisté à ça. Elle avait entendu dire des choses là-dessus, mais au fond, lorsqu'on est forcé de constater, on a plus trop le choix d'y croire. On connaissait la puissance que pouvait décupler une certaine partie des lycans, mais beaucoup plus rares étaient ceux qui parvenaient à maîtriser des transformation partielles fut-ce en période de pleine lune ! Elle devait sans doute être une des seules à être témoin de ce genre d'évènement, et peut-être même la seule à en réchapper vivante. Mais pas indemne. Elle avait été aux premières loges de la métamorphose de Cronose et pour cause, elle avait été la première à subir sa démence. La bestialité avait envahi ses mots, son attitude, voilà qu'elle prit le dessus sur son être, déchiquetant la chaire de l'ennemi, se nourrissant du plaisir que lui donnait les hurlement de douleur. Sa proie n'avait qu'à se rendre à l'évidence qu'elle n'était qu'une impuissante spectatrice de sa propre mort.

    Cependant il n'en fut rien. Les tirs d'arbalète réorientèrent la cible du lycan, enfin libéré, sur la troupe d'humains assez fous pour se croire à même de remettre la bête en cage. Jadis eut l'occasion de voir plusieurs corps démembrés ou décapiter tomber au sol où elle gisait toujours. Le sang affluait hors de son corps, corps qui avait bien du mal à se régénérer d'une telle blessure. Mais elle n'allait pas mourir, non. Elle allait juste se reposer un moment. Un long, long moment. Tout ça l'avait épuisé et...

    _C'est très étrange... Le sang a cesser de couler depuis des heures, et elle est toujours aussi pâle ! Vous êtes sûr qu'elle ne fait pas une hémorragie interne ?a

    Une chambre. Deux nones qui... DEUX NONES ??? Bordel mais qu'est-ce qu'elle foutait dans un de ces temples de désespérés aliénés par des croyances qui échappaient totalement à sa conception du réel. Elle se redressa. Cronose ? Les gardes ! Et... et la douleur qui lui déchirait l'épaule droite lui intimida d'être plus douce en sa manière de se mouvoir. Un énorme pansement avait été bandé autour de la plaie... n'importe quoi ! Elle n'avait pas besoin de leurs tissus ni de leurs eau assaisonnée ! Elle avait besoin de se nourrir, d'abreuver son corps de liquide, ce liquide qui devenait son obsession et dont la couleur écarlate était si délectable ne fut-ce qu'à la vue. Jadis arracha le bandage sous les yeux choquées des dévotes. L'idée de les vider de leur sang s'opposait à un brin de morale qui l'interdisait tant bien que mal de le faire par une sorte de respect de... mais après tout, il s'agissait de sa survie. Ca serait bien pire si elle se retenait encore, ça serait un plus gros massacre encore...

    A présent que ses forces se recouvraient, la vampire se sentait de mieux en mieux. Elle avait dû rester quelques heures dans un état comateux puisqu'à présent le soleil avait laissé place au ciel pourpre du crépuscule. La blessure ne guérirait pas avant quelques jours, certes, mais elle guérirait. Elle eut un regard sur elle-même s'apercevant de la substitution de son haut en lambeau en une chemise simple. Elle la releva curieuse de voir si l'aspect de l'estafilade s'était amélioré, mais elle ne vit qu'un trait plus foncé. Son pantalon lui avait subsisté, probablement grâce aux multiples ceintures qui complexifiait son retrait. Soupir. Elle abandonna la pièce laissant derrière elle les deux corps exsangues. En quête de la sortie, la jeune femme se faufilait dans les couloirs. Il était bien entendu hors de question de rester dans ce trou.

    Après quelques minutes d'errance, elle finit par pousser la grande porte qui donnait sur... Une place bondée de monde. Qu'est-ce qu'il se passait ici ? Le festival était dans deux semaines, elle ne pouvait pas avoir comaté pendant autant de jours... Si ? Mais à bien y réfléchir, ça ressemblait plus à une exécution qu'autre chose. Elle descendit les marches qui la ramenaient au niveau de la foule. La vue du condamné elle resta perplexe. Si elle s'était attendu à ça ? Cronose, jugé et condamné par des petits humains. En voilà une qu'elle n'était pas prête de lui laisser oublier. La foule était contenue par des gardes chargé d'éviter une émeute sur le prisonnier : le but était qu'il meurt par pendaison, pas par coups. Elle se laissa avaler par la masse fourmillante de spectateurs. L'excitation était palpable. Quoi de mieux que de lapider un monstre avant de rentrer chez soi faire la soupe aux enfants ? Les insultes volaient presque aussi bien que les caillasses. Lorsqu'elle parvint sur le devant de la scène, ses tripes se resserrèrent. Sous ses yeux : la fin de Cronose. N'avait-elle pas demandé une fin ? Qu'il disparaisse ? Voilà qui lui était offert sur un plateau. Alors pourquoi elle avait ce nœud à l'intérieur en voyant cette fin s'écrire?

    Une évidence apparut alors. Pendant ces trois années où le devoir avait écrasé ses objectifs personnels, elle était devenue un fantôme. Elle s'était lancée à corps perdu dans la guerre parce qu'elle y voyait sa place et un vague prétexte pour exister encore. Elle avait réussi à se convaincre qu'il n'y avait rien de plus important que l'honneur de son clan, à se persuader que son écart loin des siens n'avait était qu'un enfantillage. En quelques moi elle s'était transformée elle-même pour ne plus avoir à penser à cette période de sa vie durant laquelle elle avait vraiment vécu, durant laquelle elle s'était sentie vivre, sentie libre. Pour échapper aux effet du manque, quoi de mieux de s'occuper à autre chose ? Assouvir une vengeance plus que glacée, essayer d'atteindre l'idéal que Kerzorn avait fixé pour elle. Elle s'était attelée à ce rôle qu'elle s'était efforcée d'assimiler de son mieux, parce qu'il lui semblait qu'elle le devait à son mentor. Elle avait essayé d'être lui, d'être quelqu'un d'autre. Mais personne n'est remplaçable. Et rien de ce qu'on pouvait vivre ne pouvait être effacé parce qu'on ne veut plus y penser. Alors que pourtant, quelque part on n'a jamais cessé d'y penser.

    Il n'y avait que deux alternative à un individu qui se retrouve dans une situation invivable : accepter les choses telles qu'elles sont et passer à outre chose, ou ne pas les accepter et se construire un univers complexe qui se substitue au réel et qui permet à l'individu de garder une certaine stabilité. La dernière de ces alternative n'avait alors que deux issues possible : soit elle faisait sombrer dans la schizophrénie, soit elle était détruite par le réel. Ces deux issues étaient représentée par les deux tendances qui s'affrontait en la jeune femme. En ne faisant absolument rien, plus que de tourner une page elle brûlait un chapitre dont elle n'aurait plus jamais à se soucier. Elle serait définitivement détachée de tout, et pourrait tout recommencer jusqu'à modifier sa propre manière de penser, d'être. Elle se glisserait comme si de rien n'était dans la peau d'une autre, mais rongée par ses échecs passés. On peut se persuader qu'on est quelqu'un d'autre, se persuader que rien n'a plus d'importance, se persuader que rien n'existe, écraser tout pensée qui suggère qu'on se persuade, mais il y aura toujours un malaise inconnu.Ce malaise elle ne l'avait que trop ressentit. La folie la guettait depuis un bout de temps, c'est sûr, mais sa propre reconstitution douteuse des évènements de la falaise prouvait qu'elle tendait à s'éloigner d'elle même. Et aussi longtemps qu'elle serait vivante, elle savait que vivre ce n'était pas cohabiter avec ce parasite sombre qui vous bouffait les entrailles. Le parasite des rêves brisés. Il devrait la bouffer en plein, ou elle devrait l'anéantir.

    La trappe venait de s'ouvrir sous les pieds de Cronose, et il n'y avait plus de place à l'hésitation. Maintenant, il fallait choisir, ou on choisirait pour elle. Elle poussa les gens pour se frayer un chemin. Alors qu'elle parvenait sur le devant de l'estrade, elle fut intercepté par un des gardes

    _Désolé ma p'tite dame, il veut mieux rester à distance... C'est dangereux... Durant la pose qui avait suspendu sa phrase, il avait eu un regard qui n'avait pas du tout plu à Nihila. Ca tombait bien, elle avait besoin d'un prétexte. Elle lui envoya un légendaire coup de genou dans les bourses, et profita du fléchissement qu'elle avait provoqué pour écraser la face du goujat contre ce même genou. Il ne fût alors plus de grande difficulté de lui subtiliser, mâchoire crispée, la belle épée qu'il arborait à sa hanche, mais dont il ne s'était probablement jamais servi. Quoi, elle avait déjà oubliée qu'elle avait une blessure ? Et pas des plus bénignes qui plus était. Elle s'efforçait cependant d'ignorer cet inconfort. Après tout, elle n'était plus à une cicatrice près. Ainsi armée elle monta sur l'estrade. La foule en délire se mit à l'encourager de tuer le loup-garou qui commençait à étouffer. Les garde bousculaient les spectateurs pour s'interposer : cette femme allait tout gâcher ! Nihila eut un sourire pour le moins inquiétant avant de poser le tranchant de sa lame près de la gorge de Cronose. Qui était à la merci de l'autre maintenant ? Elle pouvait le voir mourir, ou le faire mourir dans plus de souffrance encore. Alors elle allait vraiment se laisser dévorer par ça. Elle écarta sa lame pour fendre l'air horizontalement en direction du coup de Cronose. Qu'on en finisse une bonne fois pour toute.

    Tout de même, elle était bien contente qu'il s'en soit pris à son épaule droite, en tant que gauchère, elle n'aurait pu faire de travail aussi propre avec un douloureux handicape. Coupée nette, la corde laissa tomber le lycan au travers de la trappe, sous l'installation en bois. Il s'agissait désormais d'affronter les troupiers qui se hissaient à sa rencontre. Jadis se serait volontiers jetée dans le tas. Elle eut un regard vers son épaule meurtrie avant de parer une attaque de la part d'une jeune recrue. Trop lent. Elle donna un coup de pied dans sa main pour le désarmer avant de l'intimider de rentrer chez lui. Ce n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd. De son pied elle envoya le glaive en direction de l'ouverture de la trappe. Ca aurait vraiment été dommage que la mort du lycan fût reportée à quelques instant plus tard.

    La foule s'était mise à hurler. Des petits malins profitaient de la confusion pour jeter des pierres sur les forces de l'ordre. D'autres, remontée contre cette femme qui avait gâché une exécution si bien commencée la visait. Pendant que les armes s'entrechoquait elle songeait que s'ils étaient passés presque inaperçu jusque là, il leur faudrait beaucoup plus que de la discrétion pour voyager s'ils réussissaient à s'en sortir. Sur ce continent aussi, les nouvelles vont bon train...


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Cronose
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MessagePosté le: Jeu 18 Nov - 01:54 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Alors qu’il enviait presque l’idée de mourir, il revint à la raison. Hébété, une bonne baffe n’aurait pu faire mieux que sa prise de conscience.
 

*Mais je suis con ou quoi ? En plus, me faire crevé par des microbes d’insectes qui me dévalorisent ! Hors de question !*
 

Alors qu’il songeait à se balancer pour récupérer suffisamment d’appuie, il sentit le froid d’une lame glissée sous sa gorge. Analysant l’individu, ce fut avec horreur qu’il distingua la vampire. Elle venait finir le boulot, se venger d’une chimère, c’était trop bête !
 Cronose sentit le coup venir et durant les quelques laps de secondes qui déterminait la fin de son existence, il entrevoyait certains souvenirs qui se mêlaient dans une spirale confuse. En réalité, ces quelques micros-secondes s’évaluèrent par la chute de son corps qui heurta violemment le sol. Il était habitué au coup dur ce n’était pas grave, mais ce qui le sonnait réellement c’était les réactions de Nihila. Qu’est ce qui avait bien pu lui traverser l’esprit ? Alors que la veille, il se défiait dans un duel à mort. Il ne comprenait pas, mais peut-être avait-elle aussi des séquelles mentales de la guerre. Pour sa part, ses courantes utilisations de la lycanthropie l’avait rendu accro, un peu comme une drogue. Il ne parvenait plus à maitriser en toutes situations son instinct animal qui prenait parfois le pas sur lui. De plus, cet instinct modifiait spectaculairement son caractère. Sans ce fardeau qu’il porte sur les épaules, il aurait mieux trouvé les mots pour la calmer et la ramener à la raison. Au lieu de quoi, son instinct c’était contenté de l’enfoncer, le rendre mauvais et impitoyable envers sa proie.
En tout cas, il lui devait une fière chandelle et il ne manquerait pas de s’en rappeler. En plus des fous furieux qui lui barraient le passage, la garnison le prenait en chasse en plus de la jeune femme toujours aussi fougue et… brutal.  Elle lui balança un glaive qui vint se planter dans la trappe.  Cronose emporta cette lame et découpait tous ceux qui osaient l’approcher. Pour dire, il prenait pour cibles les hommes qui fuyaient comme des lâches, en se défendant contre ses autres opposants. Il ne supportait pas l’humiliation dont il fut victime et comptait bien supprimer ce souvenir de la mémoire de chacun… à l’exception de la sienne et de sa seule alliée.
 

Bref, quelques mouvements circulaires, esquives d’armes blanches pour trancher des tripes et autres viscères. Un crochet du droit pour le noble et une décapitation pour le manant. Une perforation du poumon pour le gros et son coude pour l’anorexique. Un tranchant pour le garde et un coup d’estoc pour le lieutenant.
 

-Ca c’est pour m’avoir isolé, misérable fretin !
 

La lame enfouie dans le corps du mourant, il lui esquiva son plus beau sourire de guerre pour lui murmurer une ironie avant de l’achever.
 

-Bha tu vois, mon inéluctable fin, j’ai un peu l’habitude de l’éviter. Et si tu veux tous savoir, chaque personnes qui m’ont interpellés par cette menace, furent victimes de leur propre juron ! Maintenant crève.
 

Il extirpa sa lame en ne manquant pas d’élargir sa plaie pour s’attaquer à quelques suicidaires pour finalement, l’espace de quelques minutes, se retrouver seul en présence de Nihila face à cent corps jonchant les pavés. Il se trouvait à l’opposé de sa direction et se frayer un chemin jusque-là ne serait pas facile sans piétiner quelques corps… Bha après tout, pour vérifier s’ils sont belle et bien morts, ça pouvait s’avérer instructif ! Il s’approchait d’elle et bizarrement un flot de souvenirs lui traversa l’esprit. L’écho de son rire, l’étirement de ses lèvres, la joie dans son regard, l’amusement, les conneries, les défis, leur première rencontre, leur évasion, l’amitié, les différences, les conflits, les disputes, les fous rires, les projets d’avenir, les câlins, la paix, le calme, la tempête, la rage, la rancœur, l’amour, le désir, le plaisir, la complicité et le présent. A sa connaissance, rien n’était perdu mais tous ça remontait de si loin… trois ans c’étaient longs et en guerre ça représentait une éternité. Qu’étaient-il devenus, que restaient-ils de leur immortalité à vivre ?  Si peu vécu pour être déjà lassé et pourtant, il l’avait croisé depuis hier et déjà sa lassitude s’estompait, ce n’était pas tous les jours qu’il massacrait une garnison et une grande partie de la population local d’un lieu. Et il fallut qu’il dépasse les limites avec qui ? Encore avec cette folle ! Bon sang, qu’est ce qu’il adorait son tempérament, elle était complètement imprévisible, tout comme lui. C’est ce qui devait sûrement débuter la liste de leurs points communs.
C’est seulement maintenant qu’il réalisait l’attachement qu’il ressentait, le devoir et la fierté de son clan ayant pris toute sa volonté et son sacrifice de sois. Au final, c’était beaucoup de mal pour une si faible consolation. Conserver le territoire et l’élargir pour trois ans de haine et de pertes considérables. Mais cette fois, il devait faire exception de la guerre, n’étant plus qu’à deux mètres de la jeune femme. Il maintint le silence en la dévorant des yeux.
 

-Je te remercie pour ton aide. Je ne sais pas ce que je dois en comprendre mais j’en conclu que tu me crois enfin pour ton histoire de « falaise », n’est-ce-pas ?
 

Il patientait sa réponse tout en réalisant qu’il souriait sincèrement pour la première fois depuis longtemps.

-Au fait, pour le phénomène d'hier soir, n'y prête plus attention... On dirait que tu n'es pas la seule à être devenue folle sur le champ de bataille.


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Jadis
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MessagePosté le: Jeu 18 Nov - 16:08 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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    La dernière victime de la furie tomba. Ses yeux jade se tournèrent alors vers la proie suivante, dernière à se tenir debout. Elle baissa légèrement la garde lorsqu'elle reconnut Cronose cependant elle ne desserra pas son emprise sur le pommeau. La méfiance se lisait sur son visage, les sourcils froncés, qu'elle scrutait le lycan comme si elle cherchait à distinguer si oui ou non elle devait fermement tenir son arme. Marchant sur les corps, il entreprit de la rejoindre, mais lorsqu'il fut tout proche, seul le silence et la tension de la lame tenue par la vampire l'accueillirent. Son regard était fixé sur elle. S'il tentait quoique ce soit, cette fois elle n'hésiterait plus, du moins c'est ce qu'elle espérait. Même si elle avait dû se résoudre à le sauver, rien n'était oublié, tout était là, brûlant. Tout, absolument tout, y compris les événements de leur précédente rencontre – la veille ou plus tôt dans la journée ? Peu importait. En fait, c'était un genre d'amas, une pelote d'émotions diverses et violentes, mais toutes poussées à leur paroxysme, c'était ça leur relation. Tout s'y mêlait sans ménagement, c'était du concentré de vie. D'ailleurs elle était peut-être là, la raison de son coup de main inattendu. Ce qui était bien avec Cronose, cette sensation de vivre pleinement. Même si ça parfois impliquait de lancer des défis à la Mort elle-même.

    Je te remercie pour ton aide. Je ne sais pas ce que je dois en comprendre mais j’en conclu que tu me crois enfin pour ton histoire de « falaise », n’est-ce-pas ?

    Sa phrase s'était enchaînée sur un sourire qui n'avait rien de ceux qu'elle avait pu voir sur son visage la veille. Pas de mépris, pas d'ironie ni de méchanceté. Juste un sourire. Elle sentit la pression de ses doigts se relâcher sur l'épée. Elle n'avait jamais eu autant conscience du vide qu'il avait laissé derrière lui que maintenant, maintenant qu'il le comblait à nouveau. Sans y faire attention elle répondit à son sourire. Il y eu un temps entre ses mots et la réponse qu'il attendait. A vrai dire, que pouvait-elle lui répondre ? Tout ça était un peu confus dans sa tête, et leur duel inachevé n'arrangeait en rien ce qu'elle devait ou ne devait pas croire. Mais il paraissait désormais évident qu'il ne s'agissait pas de Cronose, comme elle l'avait cru jusqu'à leurs retrouvailles. Ses arguments pesaient lourds, et au final ne faisaient qu'appuyer sur le fait qu'à part de vagues souvenir d'un lycan aux yeux gris, elle n'avait rien de plausible. Elle soupira, songeant à ce qu'elle s'apprêtait à faire : avouer ses tords. Chose pas si aisée quand vous avez passé une grande partie de votre vie à écraser ceux qui osaient défier votre orgueil.

    Je dois dire que sur ce coup là, je me suis peut-être laissée abusée par les bribes de souvenirs qui me restent de cette nuit-là...

    D'ailleurs, il faudrait qu'elle règle cette affaire, qu'elle retrouve cet inconnu. Après tout, il n'avait fait que défendre légitimement son camp mais elle en faisait une affaire personnelle. Il lui semblait que cet individu l'avait cherché précisément elle, et elle voulait éclaircir cela. En revanche, elle ne comptait pas en souffler un mot à Cronose. S'il s'embarquait à nouveau à ses côtés, il serait assez compliqué de masquer ses objectifs réels. Compliqué, mais pas infaisable. Il suffirait de s'orienter sur la bonne piste et de faire passer ça pour un hasard, avec subtilité et discrétion. Ce qu'il fallait éviter à tout prix, c'était l'interposition de Cronose entre elle et la finalité de sa vengeance. Elle fomentait ce plan machiavélique quand il reprit la parole.

    Au fait, pour le phénomène d'hier soir, n'y prête plus attention... On dirait que tu n'es pas la seule à être devenue folle sur le champ de bataille.

    A l'évidence. Et je suis désolée de te dire ça mais, il est clair que désormais : tu es pire que moi. Mais nous devrions en parler une autre fois, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rester là...

    Une tension intérieur s'était dissipée, mais elle hésitait à saisir ce moment de... calme ? Elle ne savait plus trop comment s'y prendre vis-à-vis de cet homme qui était beaucoup trop de choses à la fois pour elle. Elle se contenta alors de tourner les yeux vers le chaos que leur intervention engendré. La foule s'était largement dispersée, les volets des maisons du coin s'étaient rabattus, et le cor de l'alerte de sécurité se mit à raisonner dans les rues de la ville. Non, rester là, armés, au dessus de soldats morts, ça sonnait comme s'ils venaient de tous les massacrer dans le but de faire évader un prisonnier condamné à mort – ce qui, bien entendu, n'était pas du tout le cas, n'est-ce pas ? Le problème était que s'ils tentaient de fuir la ville ils seraient tout de suite repérer.

    Ils nous attendront à chaque porte de la ville. Non pas que les tuer me dérange mais... autant éviter qu'ils repèrent la direction que nous empruntons, pas vrai ? Mais avant de faire quoique ce soit, j'ai un truc à faire...

    Ils quittaient les lieux du bain de sang, tous les sens aux aguets. Ils savaient que s'ils croiseraient quelqu'un, il faudrait l'éliminer. Ils longèrent les rues jusqu'à parvenir à l'endroit où il s'étaient battus la veille. D'ailleurs, si les corps avaient été déblayé, les tâches qui marquaient les marres de sang de chaque victime du loup-garou persistaient. Du sable avait été rajouté pour effacer plus rapidement les macabres traces. A quelques mètres de là, une armurerie arborant un panneau 'fermé'. Nihila les amena sur le côté du bâtiment. Elle avait eu l'occasion de visiter l'intérieur de l'atelier et savait parfaitement comment entrer. Un coup de pied dans la vitre, et ça y est, ils disposaient de tout l'équipement rêvé, mais elle disposerait surtout, des deux épées tant convoitées. Des épées telles qu'elles avaient probablement dû être forgées en deux fois. Si l'aspect extérieur était d'argent, elles étaient incroyablement légères. Jadis se surprit à rêvasser en les admirant, avant de les remettre dans leurs étuis et de les fixer à ses ceintures.

    Je suppose que tu tiendras à récupérer ta légendaire rapière avant de mettre les voiles ? A moins que tu trouves quelque chose d'intéressant. Tu peux te servir, c'est pas très dur de distinguer les perles de la ferraille.

    Elle releva les yeux vers lui un demi-sourire aux lèvres.

    Ca doit être la première fois que je te demande ça, mais t'aurais pas l'ombre d'un plan ?

    A vrai dire, dans le genre fonce dans le tas, on verra bien ce que ça donne et au pire, on mourra, ces deux-là étaient pas mal. Mais sur ce continent, Jadis se demandait s'il ne valait pas mieux faire le moins de vague possible... Ou pas ?


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Cronose
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MessagePosté le: Ven 19 Nov - 02:20 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Alors qu’ils fouillaient l’armurerie en quêtes de bijoux inespérés, Cronose eut l’intuition d’un quelque-chose. Tirant une couverture relativement longue, il distingua sa lame noire, intact ainsi que le reste de son attirail. Une rumeur disait qu’à Lituaille, c’était les villageois de l’ancienne noblesse qui héritaient des biens du condamné à mort. Pour cette fois, c’était un véritable coup de bol, ça lui évitait de repasser par les geôles. D’autant qu’il ne put s’empêcher d’émettre un commentaire.
 

-BHa comme tu vois j’ai trouvé ma perle rare en guise de ferraille !
 

Il brandissait sa lame, fière de retrouver son extension. Mais tant qu’il était dans le coin, il profita du moment pour récupérer quelques cadeaux franchement mérités. Des arbalètes à rechargement amovible ainsi que quelques carreaux en argent pour les futurs vampires qui croiseraient sa route. En inspectant les projectiles, il eut un petit sourire douteux… Nihila scrutait sa marchandise et il ne pouvait s’empêcher de la provoquer. Mais il se calma rapidement en distinguant un groupe d’hommes au loin, mieux valait déguerpir au plus vite.
 

Au fait, tu as offensé cet ouvrage en l’insultant de rapière. Fit-il en dévoilant son imposante lame. Tu sais d’ailleurs quel est la différence entre cette merveille et une rapière ?
 

Il fit patienter sa réponse, prenant plaisir à étendre sa connerie. Quand enfin, il reprit.
 

-C’est que la rapière vois-tu, à tendance à faire ça !»   il s’empara d’une véritable rapière trônant sur un socle et la plia jusqu’à la briser.
 

-c’est de la véritable merde, de la cacaille pour morveux ! affirmait-il avant de ranger l’attirail. Quand ils quittèrent l’enceinte du bâtiment, Nihila l’interpella à propos d’un plan qu’il envisagerait peut-être, au dépit des circonstances. Il apprécia son sourire du moment, ayant presque le sentiment de retrouver une époque familière. Il lui fallut peu de temps pour émettre une idée, il connaissait tous les accès du bourg. Ce qui le frappa en premier, c’était qu’un vieux puits permettait l’accès aux mines et cheminait jusqu’aux plaines. L’avantage, c’est qu’ils éviteraient l’enceinte, mais l’ennuie serait d’affronter quelques individus suspects. Dans la mine on retrouvait les vermines de la pire espèce, les rebuts de la société et autres fugitifs. Ils patientaient là en espérant commettre un délit ou deux, en piquant dans les marchés sans se faire remarquer. Sinon, quelle raison de risquer si près de leurs juges ?
 

-Suis-moi, j’ai une idée » fit le lycan, avant de lui expliquer son plan.
 

-… de sorte on évitera la garnison pour se manger quelques fous dangereux. Se sera donc mouvementé, mais ça vaudra toujours mieux que la pendaison ! Puis ça nous fais du challenge !  Finit-il son discours, lui témoignant un large sourire amusé.
 

-Que la chasse commence !
 

Il braqua son arbalète pour émettre du poids à sa prise de motivation pour finalement s’enfoncer dans le puis d’un simple bond. Ses vieux os de lycanthrope le réceptionnaire sans trop de mal, si on excluait la régénération de ses fractures… Par ailleurs, il profita de la situation pour la réceptionner dans ses bras. Et là… Il se perdait dans ses iris émeraude, deux entités qui le confortaient pendant que ses lèvres suaves lui incitaient le désir. Il allait le faire, effleurer cet instant fusionnel, mais des fantassins s’approchaient du puits, on pouvait entendre leurs démarches derrière l’enfer de leurs harnois. Il lâchait sa complice pour s’enfoncer dans une galerie sombre qui basculait dans les ténèbres pour atteindre les mines abandonnées. Inutile de préciser, qu’en tant que prédateur nocturne, ce fut pour eux plus facile que prévu de s’y retrouver. Mais sans la moindre particule de lumière, Cronose usait de son flair tandis que Nihila guettait les battements de cœur pour s’orienter. Même avec leur supériorité, ce n’était pas de la tarte. Un assassin serait parfaitement en mesure de les neutraliser, dans ces conditions. Continuant d’avancer, ils parcoururent plusieurs tunnels pour finalement entendre des gémissements ainsi que percevoir une source d’écoulement. Dans l’obscurité et l’impossibilité d’échanger un regard, il compensa ce manque en lui serrant la main. Signe, qu’il serait plus prudent de poursuivre discrètement. Le seul ennui, c’est que le bruit provenait d’une source qu’ils seraient contraints de franchir. Le lycan s’arma d’une arbalète et braquait à l’aveuglette. Heureusement que son flair lui guidait au moins la bonne direction. Mais pour la discrétion c’était foutu, un gargouillis retentit puis un hurlement s’en suivit d’un empressement enragé.
 

-Oh les saloperies, d’après ce que je peux entendre, ils sont plusieurs !


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Jadis
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MessagePosté le: Sam 20 Nov - 18:37 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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    Au fait, tu as offensé cet ouvrage en l’insultant de rapière. Fit-il en dévoilant son imposante lame. Tu sais d’ailleurs quel est la différence entre cette merveille et une rapière ?
     
    Elle roula gentiment des yeux. Biencsûr qu'elle savait la différence entre une rapière et le bébé chéri chou de Cronose, mais elle ne répondit rien. Elle avait oublié à quel point il était attaché à sa lame. Pourtant, malgré son silence, il ne put s'empêcher de faire la démonstration sous ses yeux en brisant une prétendue rapière.

    Mais c'est pas vrai, c'est plus fort que toi ! Faut toujours que tu casses tout ! Déjà que d'habitude il reste pas grand chose quand tu ne fais pas exprès mais si tu le fais intentionnellement, attends au moins que je sorte avant que ça s'écroule !

    Sa remarque était plus destinée à le taquiner, quoiqu'elle ne se sentait pas si loin de la réalité. Il fallut attendre un moment après leurs vols pour qu'enfin...

    Suis-moi, j’ai une idée.

    Laissée dans le suspense, elle s'exécuta et le suivit jusqu'à un vieux puits qui tombait en ruine. Quoi, il voulait puiser de l'eau maintenant ? Vu l'état du truc, il semblait hors d'usage depuis bien longtemps. D'ailleurs le sceau avait été volé. M'enfin, c'était bien beau tout ça mais, ils étaient fugitifs, l'avait-il oublié ? S'il entendait pas là qu'elle allait se cacher comme une taupe dans un trou et attendre sagement que les gardes les lapides, il irait tout seul dans sa tombe !

    … de sorte on évitera la garnison pour se manger quelques fous dangereux. Ce sera donc mouvementé, mais ça vaudra toujours mieux que la pendaison ! Puis ça nous fais du challenge ! 
     
    Wow, wow, wowh. Il avait craqué lui. Y avait vraiment des fous dangereux entassés au fond de se puits ? Ou étaient-ils déjà tous morts de faim. Elle soupçonnait que le lycan avait omis de l'informer de quelque chose, car il affichait un de ses sourires qui proposaient de commencer une nouvelle partie dans le jeu où les participants, kamikazes particulièrement atteints, se lance dans des aventures abracadabrantes.

    Avoue que ça te plaît de te mettre dans des situations pas possible...

    Faut dire qu'elle aussi, elle aimait ça. Le défi. Il devait sans doute y avoir un passage là dessous, mais où pouvait-il bien mener ? La réflexion se poussa très loin dans son esprit pour parvenir à rejoindre l'idée de Cronose. Elle avait entendu parlé de mines dans la région, mais elle ignoré qu'elles pussent déboucher jusqu'ici... Tout ça tournait dans la tête de la vampire et à peine avait-elle accepté l'idée que l'ex-condamné avait sauté dans le trou. Sans aucune autre précaution qu'une arbalète tenue à son bras. Le bruit sourd de atterrissage se fit entendre, signe qu'il y avait bel et bien un fond, et un fond de terre qui plus était. Elle sauta à son tour dans l'ouverture du puits, et dans sa chute elle espérait vraiment ne pas être descendue pour rien.

    Elle s'était attendue à heurter précipitamment le sol et au lieu de ça, se furent les puissants bras du guerrier qui la recueillirent, non sans lui déplaire. La dernière fois qu'ils avaient été aussi proches, ils étaient entrain de s'entretuer. A la différence qu'à présent, la manière dont il la regardait n'était pas inconnue à la jeune femme. Il y eut un échange silencieux mais qui avait tellement de choses à dire pendant cet instant où elle s'était plongée toute entière dans ses yeux nuancés de gris. Une image vint lui briser cet instant de flottement : a qui appartenaient les yeux gris de la falaise ? Au même moment les pas des poursuivants non loin les alertèrent. Ses pieds retrouvèrent le sol et entreprirent de s'aventurer plus profondément encore dans les ténèbres dévorant la cavité, sur les talons Cronose. Elle ôta une seule de ses épées de son fourreau. Son ouïe fine était à l'affût de la moindre vibration audible, et sa vision thermique lui permettait de garder son allié en vue. Cependant, les parois épaisses ne la rassuraient pas. Qui sait sur quoi ils pouvaient encore tomber. Il y avait pas mal d'humidité dans le coin, et ça rendait le milieux d'autant plus hostile. Leur progression les avait menés sur plusieurs décamètre de galerie quand ils perçurent l'effondrement d'une partie du tunnel accompagnés de râles. Elle sentit alors la main du lycan prendre la sienne ce qui eut plus pour effet de la déstabiliser que de prévenir sa discrétion. Cependant, il lui paraissait évident qu'il valait mieux raser les murs tant qu'ils sauraient pas à qui ou à quoi ils avaient à faire.

    Ils continuaient d'avancer. Nihila ne savait pas à quel point son compagnon voyait dans cette obscurité, mais à en voir le mouvement aléatoire de l'arbalète, elle se félicita de rester un peu en retrait. Le conduit souterrain les menait directement vers le point d'où provenait l'agitation, il n'avait d'autre choix que de foncer plus ou moins à l'aveuglette. Les yeux de l'hématophage guettaient les moindre recoins, pas question de louper quoique ce soit. Ils étaient tout proche du lieu de l'éboulement quand un étrange grondement précéda un cri de terreur. Laissant la prudence de côté pour un temps, ils s'approchèrent davantage pour pouvoir assister à la scène d'autant que la lueur d'une torche tombée au sol le leur permettait.

    Les saloperies ? Cronose n'aurait pas su si bien dire. Les deux énormes créatures avaient foré la terre pour émerger ici. Leur apparence approchait celle d'un insecte : une carapace en chitine verte foncée striée d'ondulations brunes, six imposantes pattes velues fixées à un abdomen, de gros yeux noirs faits pour l'absence de lumière, des mandibules acérées.
    Ces monstres imposants vivaient généralement sous les forêts, l'humidité étant retenue par les végétaux. Mais il se trouvait que pendant leur période nuptiale, ils foraient des galeries souterraines qui, si elles posaient des problèmes au niveau des mines, s'avéraient d'excellents labours pour les paysan, aérant la terre d'une manière très efficace. Toute fois, il était intriguant de les trouver en dehors de leur territoire, et surtout pour déguster des proies vivantes . Toujours était-il que les deux créatures avaient encerclé un humain et lui avait découpés un bras – d'où le fait que la torche soit au sol, toujours fermement saisie par le membre coupée. Tandis que l'une le rendait unijambiste, l'autre s'affairait à le décapiter. Un autre gargouillis retentit et les deux hybrides purent en comprendre l'origine ; juste devant eux, un troisième ankhêg surgit de la terre molle en faisant claquer ses mandibules. La fange le couvrait mais la présence d'êtres aux sang chaud ne lui échappait pas. D'autres hurlement se faisaient entendre. Apparemment, les éventuels fugitifs, mendiants et autres parasites, apparaissaient comme des mets de luxe pour ces charognards.

    Mais l'heure était à la survie. Nihila dégaina son autre lame pour s'attaquer à la bestiole qui lui faisait alors face. Ca n'avait pas l'air bien méchant, mais elle avait fait assez de sport en deux jours pour ne plus avoir trop envie de jouer, ni même de laisser la moindre chance à ces créatures de pouvoir l'égratiner. Deux autres émersion se firent entendre quand l'insecte planta ses griffes dans les deux épaules de la vampire espérant peut-être lui arracher le sternum. Elle coupa court à ses espoirs en faisant glisser ses deux lames en ciseaux dessous son crane qui roula au sol.

    C'est ça tes fous dangereux ? Je m'attendais plutôt à une clique de mercenaires. A moins qu'ils ne soient en phase post-digéré ?


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Cronose
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MessagePosté le: Lun 22 Nov - 19:07 (2010)
Sujet du message: Vestige du passé
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Une grimace de dégout souleva les lèvres du lycan, lorsqu’il perçu le bourdonnement de quelques créatures sous-terraine. S’armant de son imposante lame, il poussa un hoquet de surprise à la sensation d’une prise à la cheville. Il fracassa l’air de sa lame pour au deuxième coup, percuter une proie invisible. La seule garantie de son triomphe se témoignait par le sang chaud se déversant de sa lame pour effleurer ses mains. Mise à part celui qu’extermina Nihila, il en demeurait encore un qui patientait dans le tunnel. Cronose porta une paume à son visage et flaira l’odeur du sang. Après quoi, il put distinguer par l’odorat, la position exacte du troisième. S’armant d’une arbalète de poing, il fit claquer la gâchette pour que le sifflement s’achève d’un bruit sourd. Le carreau traversait la tête étrange de l’insecte qui chuta lamentablement contre terre. Au commentaire de la jeune femme, il répliqua.

-Je me doute que ces bestioles on les crocs mais impossible qu'ils dévorent tous les opposants qui nous attendents. Il y a des humaines plus coriaces que ces papillons de nuits !

 Ils poursuivirent leur route en croisant deux autres spécimens du genre pour finalement disposer d’éclairage émis par des torches.


-On y voit déjà plus clair mais ici on risque de croiser des mercenaires. Mieux vaux rester vigilant, ils n'hésitent pas à frapper en traitre !


Ils empruntèrent un couloir en dépassant un groupe de rebut attelé à jouer au dé. Certains les dévisageaient, d’autres les ignoraient superbement. Au détour d’un embranchement, des  mercenaires les encerclèrent, tous armées de sabres et autres armement exotiques. A leur kimono bleu nuit, on pouvait se douter qu’ils appartenaient à un clan de hors la loi, jouissant de la faiblesse des autres. Cronose appréciait l’instant, une fois le massacre accomplit, il conserverait un homme en vie pour leur indiquer la sortie, car parvenu au carrefour, le choix s’avérait compromettant.
Ils dégainèrent leurs armes, le lycan ne trouvait nul raison à discuter. Profitant de la distance immédiate, il braqua ses deux arbalètes et logea deux splendides carreaux dans le front de ses opposants. Avant qu’ils ne parviennent au corps à corps, il logea quatre autres carreaux aux hasards de ses victimes, et s’empara de l’épée forgé par Ron Berku. Supprimant ses cibles, il se trouvait malgré tout dépasser par le nombre ; d’autant que les bougres expérimentait une certaine forme du combat régulièrement.


-Pas si facile à buter, les asiat’ ! Fit-il à l’adresse de Nihila, alors que son dos vint frôler le sien. Il para quelques enchainements ainsi qu’un coup d’estoc pour déployer une violente attaque circulaire. La force qu’il déversa dans sa lame lui autorisa un découpage de victimes en masse. La vitesse de propulsion les empêchait d’esquiver hâtivement tandis que la parade ne ralentissait guère l’épée, qui tranchait sabre, chair et os. Il profita de l’interlude provoqué par son action pour laisser plus d’espace au vampire et s’attaqua à d’autres antagonistes. Malheureusement, il tomba sur l’élite du clan car il ne parvenait guère à les découper, seulement à effriter leur épée. Et pour qu’un sabre résiste un temps sois peu à sa gigantesque lame fondue dans le plus puissant des métaux, il fallait qu’il soit d’une facture exemplaire et ouvragé par un maître en la matière. Malheureusement, cet effet de surprise lui causa quelques désagréments. Il ne parvint à parer entièrement l’enchainement complexe d’un membre d’élite. Subissant multiples entailles, il ne put percevoir l’arrivé d’un autre mercenaire qui lui plongea son épée dans le torse. Cronose put distinguer la lame traversant son corps et cette blessure fut tellement douloureuse qu’il gronda lourdement. Alors que ses paupières se faisaient lourdes, il comprit que les mercenaires baissaient leur vigilance car nul homme ne pouvait survivre à ça. Profitant de la situation, il souleva son épée et neutralisa son adversaire pour ensuite pivoter et faire face au traître qui se retrouvait désarmé.


-Tu cherches ton jouet ? il est juste là !  Ironisa le lycan en attrapant la tête de sa proie pour la ramener contre son torse. La lame ornant son buste lui traversa la trachée. Puis, il enleva le sabre, plantant un genou sous terre. Essoufflé le lycan laissait sa régénération prendre effet tandis qu’il demeurait stupéfié parce qu’il voyait. Un homme anormalement robuste, plus grand que la moyenne des autres, soulevant un fléau d’arme lourd à pointe de la taille d’une table pour quatre personnes.


-Oh non d’une catin… Nihila, fais gaffe !  hurla-t-il tandis que l’abomination se dirigeait vers la jeune femme.


Cronose souleva un sabre et le projeta en direction du monstre colossal. Seulement la pointe de la lame s’enfonça dans son dos. Il ne témoignait d’aucune réaction de douleur et la courte profondeur de l’entaille prouvait un épiderme proche de la pierre. Le lycan doutait que l’adversaire serait un peu plus fort mais avec un corps anti tranchant… il risquait d’être péniblement dangereux et difficile à vaincre. Voulant secourir la belle, folle et confiante Nihila, il s’évertua à la rejoindre le plus rapidement possible. Neutralisant les derniers guerriers qui lui bloquaient le passage, il parvint à hauteur du monstre et grimpa sur son dos. Désirant lui planter sa lame dans le crâne, il dût plutôt parer le fléau qui sifflait droit sur lui. Malgré la parade, il fut projeté su quinze mètres et percuta brutalement une paroi de la roche sous-terraine. Le choc lui causait plusieurs fractures qui se ressouderaient lentement. Tentant de se relever, prenant peur pour sa compagne d’infortune, il sentit un déchirement dans ses muscles et s’écroula. Impossible de bouger dans son état de faiblesse, il se devait de patienter pour espérer agir et empêcher une catastrophe.


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Sujet du message: Vestige du passé

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